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Cela faisait maintenant quelques semaines que Baline et moi avions rejoint la troupe d’artistes itinérants emmenée par Keldon. Baline excellait dans l’art du chant, ce que les membres de la troupe ne tardèrent pas à découvrir. Quant à moi, je profitais de mes connaissances des légendes naines et de mon talent naturel de comédien pour divertir l’audience. La troupe était composée de différents personnages de races et de capacités très hétéroclites, ce qui facilita d’ailleurs notre intégration rapide. D’abord, et c’est le plus important, on y trouvait Siméon et Zadèle, un couple de hobbits cuisiniers qui devinrent rapidement mes nouveaux meilleurs amis ainsi que leur fils Fidj qui aimait s’amuser avec ma barbe. Je découvris rapidement que mon intérêt non-modéré pour la nourriture et pour les enfants (Note du MDJT: pardon?!?) était également partagé par Krega, une demi-orque lutteuse qui faisait office de garde du corps et qui passait aussi son temps à plier des barres de fer. Dans un registre plus calme elle pouvait aussi jouer du tambour afin d’accompagner chants et comptes. Dans cette tâche elle était accompagnée brillamment par le barde gnome Hobakken qui passait le plus fort de son temps à entraîner ses mélodies qui avaient, je dois l’avouer, un caractère quasi hypnotique. Trois personnes assuraient la partie acrobatique du spectacle : la demi-elfe Adena, charmante et sympathique, son ami le clown Gantzo, toujours à se plaindre pour un oui ou pour un non, et enfin Ivelia, une jeune humaine qui jouait également du luth. Un des grands moments du show était assuré par deux magiciens au talent remarquable : Alto, le mari d'Ivelia, un prestidigitateur d'une dextérité peu commune et l’elfe Priorn, un mage aux pouvoirs surhumains et à la puissance dévastatrice, enfin selon lui. Les deux derniers membres de la troupe étaient Shamil, une jeune gnome lanceuse de couteau assez timide qu’Hobakken cherchait à protéger et enfin Mandelion, un elfe jongleur très antipathique. Un soir, alors que nous nous rapprochions de Suzail, je décidai de raconter la légende de la reine naine Vabna aux membres de la troupe. Assis autour du feu et pelotonnés dans leur couverture, ils m’écoutèrent tous très attentivement et je remarquai même que Mandelion semblait s’intéresser à nous pour la première fois. La magnifique reine Vabna et son peuple vivaient à l’époque au sud-ouest du Cormyr, là où les montagnes se jetaient dans le lac des dragons. Aspirant à une vie simple et paisible, ils devaient néanmoins se battre régulièrement pour triompher des dragons maléfiques et des orcs cruels aux dents crochues. C’est au cours d’une campagne mémorable contre des orcs que les nains furent repoussés vers le lac et c’est là que la reine Vabna fut vaincue, son corps tombant de la falaise dans les eaux froides situées en contre-bas. Et là, alors que tout espoir semblait définitivement éteint pour le peuple de Vabna, une vague gigantesque s’éleva du lac des dragons et tel un phoenix, la reine Vabna portée par les flox s’abattit sur les troupes ennemies dans un déluge foudroyant. Les guerriers nains survivants reprirent alors les armes animés d’un courage nouveau et l’armée des orcs dut battre en retraite, subissant la colère terrible des petits hommes barbus. C’est en ces lieux que furent construite deux tours en l’honneur de la reine Vabna et que d’année en année, les descendants de son peuple se retrouvent pour prier. A cette occasion, l'esprit de la Reine vient rendre visite à son peuple depuis l'au-delà... Lorsque je terminai enfin mon histoire il était déjà très tard et certains membres de la troupe dormaient déjà. Mais certains d’entre eux, avides de questions ne parvinrent pas à trouver le sommeil. C’est Baline qui me proposa de tenter une expédition jusqu’au tours de Vabna qui se trouvait environ à une semaine de marche à l’ouest de Suzail. Hobakken, toujours à la recherche de nouvelles légendes à mettre en chanson semblait également intéressé. Je décidai alors d’en parler à Keldon lorsque nous devrions quitter Suzail pour poursuivre notre voyage. Je me levai le lendemain frais et disposé afin de réaliser une grande performance dans notre spectacle qui devait se dérouler en début de soirée. Dans notre camp de fortune l’agitation faisait pourtant rage car Mandelion manquait à l’appel. Personne ne l’avait vu partir ou ne savait où il pouvait être. Cela ne fit que confirmer mes soupçons. On ne pouvait pas faire confiance à ces satanés elfes. Ils étaient toujours à manigancer dans votre dos en attendant le bon moment pour vous trahir. Malgré l’absence de Mandelion, la troupe entra dans Suzail et s’installa sur une des places principales de la ville. Comme le spectacle ne devait se dérouler qu’en début de soirée, les membres du groupe se séparèrent afin de visiter la cité. Pour ma part je décidai d’aller me promener dans le quartier marchand où régnait beaucoup d’agitation. Là, je rencontrai un forgeron avec qui je décidai de discuter des événements se passant dans la région. Ainsi j’appris que Suzail et ses environs avait été le théâtre de nombreux vols par des groupes de voleurs tous très bien organisés. Après une discussion passionnante sur l’art de la forge, je laissai ce brave artisan à son travail et je passai le reste de ma journée à visiter les bars de la ville. En début de soirée je rentrai au camp afin de préparer le spectacle. Là je fis part à Keldon des nouvelles inquiétantes à propos des cambriolages récents. Le spectacle fut une réussite totale tant par l’habileté des musiciens, par la grâce des acrobates et par la voie vibrante des chanteurs et chanteuses. Pour ma part, je parcourais l’assistance en cherchant à amuser les petits et les grands et j’eus un grand succès. En fin de soirée, satisfaits de notre performance, nous nous rendîmes dans une auberge afin de festoyer allègrement. Là, je racontais à nouveau la légende de Vabna à l’assistance ébahie, accompagnés musicalement par Hobakken et un troubadour qu’il avait rencontré en ville. Cette halte agréable dans l’auberge nous permit de récolter de nouvelles informations sur les événements se déroulant dans la région, notamment la présence malveillante de bandits le long des routes s’éloignant vers l’est. Avant d’aller me coucher, je fis part de mes soucis à Keldon. Il me confirma son inquiétude. Si les vols continuaient, une troupe ambulante comme la nôtre allait forcément attirer les soupçons, c’est pourquoi il décida de remettre la caravane en marche et de quitter la ville dès le lendemain. Pour ma part je décidai de garder le camp contre des voleurs potentiels afin que mes compagnons puissent se reposer tranquillement. La nuit fut tranquille jusqu’à l’arrivée d’une patrouille de gardes royaux. Leur capitaine visiblement enclin à faire du zèle chercha à connaître mon identité et j’eus beau lui expliquer la situation calmement il refusa de me croire. Une bonne partie du camp fut réveillée par les aboiements méprisables de l’individu qui, tout stupide, s’excusa finalement de sa méprise. A l’aube, je décidai de parler à Keldon de notre intention de nous rendre en pèlerinage aux tours de Vabna. Je lui promis de faire vite et de ramener mon équipe avant l’arrivée de la troupe à Marsembre. Hobakken et Priorn, assoiffés de savoir et de richesse, décidèrent de nous accompagner Baline et moi. Notre voyage fut des plus monotones. Ni orcs, ni gobelins à l’horizon. Ma hache commençait à me démanger. Apparemment ce sentier qui longeait la côte ne devait pas être très emprunté car même les bandits ne montrèrent pas le bout de leur nez. Nous fîmes une halte dans un village de pêcheurs et la conversation avec le vieillard sénile et aviné du coin fut le seul moment distrayant du périple. Pourtant espoir et allégresse s’emparèrent de moi lorsque les tours de Vabna apparurent à nos yeux. De la fumée semblait s’échapper de l’une des tours ce qui indiquait que les lieux étaient habités. C’est alors que nous entendîmes du raffut provenant de derrière la colline sur notre droite. Une investigation s’imposait car on devina rapidement qu’il s’agissait d’une bataille. En arrivant en haut de la colline, on découvrit enfin les acteurs de cette rixe. En contrebas un nain courageux se battait avec un groupe de kobolds aux dents aiguisées. Le nain était accompagné par des blaireaux qui semblaient se battre à ses côtés. Il nous fallait intervenir au plus vite car le combat semblait bien inégal. Profitant de l’effet de surprise notre groupe chargea l’ennemi avec empressement. L’excitation s’empara de moi et ma barbe se mit à frétiller alors que je me ruais sur ma cible tel un taureau déchaîné. Le combat fut bref et en quelques coups de hache, j’avais massacré ces pauvres kobolds présomptueux. Malheureusement le nain avait été sérieusement blessé et s’était effondré pendant le combat. Un de ses blaireaux était également salement amoché. Nos talents rudimentaires de guérisseurs permirent cependant de diminuer la gravité de leurs blessures et nous décidâmes alors de nous réfugier à l’intérieur de la tour de Vabna qui se dressait non loin de là. A l’intérieur, un escalier en colimaçon menait au sommet de la tour alors qu’un autre escalier menait aux étages inférieurs. En haut nous découvrîmes ce qui devait être la chambre de ce nain. Celui-ci fut allongé sur son lit et le blaireau toujours indemne se blottit à ces côtés. Des vivres furent découverts au sous-sol et je décidais de préparer un bon repas afin que nous puissions reprendre nos forces. Le nain revint à lui après une nuit de repos. Il s’appelait Badian et était le prêtre gardant la tombe de la reine Vabna. Après avoir soigné tout le monde, il nous raconta son histoire et celle du fantôme de la reine. En effet pour quelques sombres raisons, celle-ci n’avait jamais trouvé le repos et hantait en ce moment même les sous-sols de la tour. (Note du MDJT: Les sombres raisons en question, clarifiées par Badian, sont que plusieurs Dragons attaquèrent un jour pendant la cérémonie annuelle, avides des trésors que les nains jetaient dans la mer en remerciement. Depuis, les nains n'étaient plus retournés aux Basses Tours, à l'exception de Badian). Nous fûmes tous volontaires pour lui venir en aide bien que l’idée de rencontrer un fantôme ne m’enchantait guère. Badian nous conduit alors dans la crypte qui se trouvait derrière une porte condamnée à l’étage inférieur de la tour. Lorsque la porte s’ouvrit une peur irrationnelle s’empara de moi mais je parvins à me ressaisir contrairement à Baline et Priorn qui remontèrent les marches de la tour en quatrième vitesse. Effectivement le fantôme de la reine se baladait dans la crypte en compagnie d’un vieux squelette de prêtre pas très causant. (Note du MDJT: Le squelette ne se baladait pas, il gisait dans un coin. C'était un squelette tout ce qu'il a de plus inanimé.). La reine, malgré sa forme fantomatique, n’avait pas perdu de sa grande beauté et semblait s’interroger sur notre présence. Les murs de la pièce étaient finement sculptés et un grand pilier muni de heurtoirs se trouvait au centre de celle-ci. Nous décidâmes alors de fouiller la pièce car Badian ne semblait pas connaître le moyen de mettre un terme au supplice de la reine. On découvrit alors que l’un des heurtoirs du pilier semblait usé et beaucoup plus utilisé que les trois autres. Hobakken donna trois coups du heurtoir et des poignées sortirent alors du pilier nous permettant de soulever celui-ci. Sous le pilier se trouvait une petite chambre dans laquelle on trouva une vielle robe de cérémonie, une conque ainsi qu’une urne qui devait être les objets sacrés permettant d’accomplir la cérémonie pour permettre à la reine de trouver son repos. Il y avait également un message :
Un des dragons a brisé la rosace de la tombe. Nous n’avons pas pu achever la cérémonie et commander au gardien de reprendre l’esprit de la reine. J’ai vu son fantôme se tordre dans un coin d’ombre près de moi.
La chambre cérémoniale devait se situer dans la deuxième tour de Vabna, non loin de là. Plein d’entrain, nous décidâmes de nous y rendre. Etrangement la deuxième tour ne s’élevait pas dans le ciel mais ressemblait plutôt à une énorme colonne cylindrique creusée dans le sol. Le trou semblait profond c’est pourquoi nous décidâmes de faire descendre une personne le long d’une corde. Baline étant la plus légère, (Note du MDJT: Baline: 70kg. Hobakken: 22kg.) c’est elle qui fut désignée pour descendre la première. Elle disparut rapidement dans le noir à mesure que nous donnions du lest à la corde. Pourtant bientôt elle s’arrêta, enchevêtrée dans ce qui semblait être une gigantesque toile d’araignée. Alors que Baline hurlait, nous entendîmes alors le grondement d’une bête affamée provenant du fond du trou. La pointe de ma barbe commença alors à me picoter et n’entendant que mon courage, je sautai dans le trou. Ma chute fut amortie par les nombreuses toiles que j’arrachai à mon passage ce qui me permit d’arriver indemne en bas et de libérer héroïquement ma sœur. Nos ennuis ne faisaient pourtant que commencer. Alors que nos amis entamaient la descente, une créature horrible s’approcha de nous. Il s’agissait d’un ettercarp, une créature bipède, croisement entre un lézard, un arachnide et une grosse boule de poils. Sa gueule dégoulinait d’une substance gluante et filandreuse qui avait servi à construire la toile qui nous avait retenu et que nous avions sauvagement tailladée ce que la créature n’avait semble t’il pas apprécié. Courageusement je me ruai à l’attaque mais la créature me cracha à la figure la substance gluante mentionnée ci-dessus. Je dus me débattre férocement pour me débarrasser de cette cochonnerie qui m’empêchait de respirer. Entre temps Priorn et Hobakken nous avaient rejoint et fait fuir la créature. Un tunnel s’enfonçait dans les ténèbres et débouchait enfin dans une caverne. A en juger par les rails au sol et le monte-charge au bout de la grotte, il s’agissait d’une ancienne mine. Apparemment le seul moyen de progresser était d’utiliser le vieux monte-charge rouillé. Celui-ci refusa tout d’abord de bouger et mes compagnons s’empressèrent de le lester à l’aide d’un chaudron métallique se trouvant dans la caverne. Il commença enfin à descendre en émettant une série de bruits inquiétants et c’est avec un soulagement indescriptible que je sautai hors de l’ascenseur lorsqu’il arriva en bas. (Note du MDJT: Hum... Ca s'est vraiment passé comme ça?). Le chemin continuait le long d’une passerelle qui longeait le mur au dessus d’un gouffre sans fond. Par endroit la passerelle était en mauvais état et il nous fallut faire quelques acrobaties, attachés comme des pantins à une corde, afin de pouvoir poursuivre notre périple. Finalement après une bonne heure de marche, nous atteignîmes une arche de pierre étroite traversant la caverne. Une petite kobolde était suspendue dans le vide et proférait des insultes à notre encontre. Priorn, qui parlait de langage de ces créatures, tenta de négocier avec la kobolde qui semblait avoir été punie par son clan et laissée là à l’abandon. Cette tactique n’était pas du goût d’Hobakken qui le fit clairement savoir. (Note du MDJT : Les kobolds et les gnomes sont deux races qui se haïssent copieusement depuis la Nuit des Temps (tm). Cette haine n’a d’égal que le manque de précision concernant sa raison première, mais cela ne gêne ni les uns ni les autres.) La kobolde accepta de nous mener dans la salle de cérémonie si on acceptait de la remonter et de la relâcher ensuite. Elle nous mena alors à travers les dédales de la mine sous l’œil malveillant d’Hobakken jusqu’à l’endroit où devait se dérouler la cérémonie. Dans la salle se trouvait un énorme trou rempli d’eau et un piédestal s’élevait en son centre. Une manivelle nous permit d’actionner des grilles métalliques qui bouchèrent le trou et nous permirent d’accéder au piédestal sur lequel on pu alors placer l’urne de Vabna. Hobakken souffla ensuite dans la conque et une énorme créature surgit soudain des eaux devenues tumultueuses. Le fantôme de la reine apparut alors à nos côtés et se rua dans la gueule béante de la créature et elle disparut enfin de la surface de notre planète trouvant ainsi le repos qu’elle méritait tant. Malheureusement pour nous le son de la conque avait également réveillé l’armée kobolde et nous dûmes nous dépêcher de sortir de la grotte. La petite kobolde nous emmena par un chemin escarpé qui déboucha finalement dans les plaines verdoyantes juste à côté des tours. La prisonnière fut alors libérée au grand damne d’Hobakken, et Badian nous invita chez lui pour festoyer dignement ce que je ne pus qu’accepter.
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Comment une simple balade en bateau se complique effroyablement.
A venir...
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Des tentacules sortaient de l’eau tout autour de notre bateau et tentaient de s’en emparer. Morglos essaya d’en frapper une mais la manqua, et celle-ci finit sa trajectoire sur Baline, qui se retrouva à l’eau. Voyant cela, Morglos se précipita par dessus bord. Sur ce, les tentacules réussirent à entourer le navire et le firent chavirer. Déséquilibré, je tombai à l’eau.
Sous la surface, je découvris non seulement que les tentacules venaient de très loin en dessous, parmi les sombres profondeurs de la mer, mais aussi qu’elles étaient accompagnées de sortes de sirènes chevauchant des hippocampes. Ces dernières étaient armées de filets et de tridents, et se hâtaient aux endroits où tombaient les marins. Etait-ce pour les sauver ou pour les achever ? Je n’eus le temps de répondre à cette question puisque je fus happé par un des filets lancés sur les naufragés. Celui-ci m’entoura et devint une sorte de bulle dans laquelle je pouvais respirer. Cela semblait donc être un sauvetage. Seulement, ce que je respirais était une sorte de gaz qui provoqua mon évanouissement. Donc le sauvetage n’était pas si certain... Lorsque je me réveillai après une période indéfinie d’inconscience, dans une grande salle, sous l’eau, avec comme seul vêtement mon pantalon et des liens autour de mes poignets, je me dis que le sauvetage n’était de loin plus une évidence. Ce qui était étrange, c’était que nous pouvions respirer. Cet état de fait semblait provenir d’une sorte de collier que nous avions tous autour du cou, un collier incrusté dans la peau. Mais jusqu’à quelle profondeur ? Cela allait-il jusqu’aux poumons, pour nous permettre de respirer ? Autre étrangeté, nous ne pouvions parler, mais par contre nous pouvions entendre les pensées des autres. Nous pouvions communiquer par télépathie ! Etait-ce également dû aux colliers, ou bien avions-nous été traités médicalement ? Tant de questions qui ne trouveraient visiblement pas de réponse pour l’instant, puisque deux femmes-poissons pénétrèrent dans la pièce et nous dirent à Morglos et moi de les suivre. Elles parlaient le commun, mais avec un léger accent, me faisant me douter que ce n’était pas leur langue natale. Et à propos de Morglos et moi, nous étions seuls. Hobakken et Baline étaient absents de la pièce où nous nous étions réveillés, tout comme le capitaine du bateau, le vieux magicien fou Grandoulf et Loden. La moitié de l’équipage des marins manquait également à l’appel. Nous fûmes menés dans une cellule, composée de trois couchettes, et la porte fut verrouillée une fois les deux gardiennes reparties. Aucun autre mot n’avait été échangé. Alors que nous nous posions de nombreuses questions sur notre avenir, la porte s’ouvrit soudainement et un demi-elfe fut poussé à l’intérieur. C’était l’occupant de notre cellule avant notre arrivée. Son nom : Galindil. Il était content d’avoir de la compagnie, nous étions heureux d’en savoir un peu plus sur l’endroit. C’était donc une prison, dans laquelle il se trouvait depuis environ deux semaines. Il était difficile de déterminer les jours vu que la lumière du soleil ne parvenait pas jusqu’ici. La lumière était fournie par des algues et autres plantes phosphorescentes. Elle était plutôt diffuse, l’eau plutôt froide, et l’endroit plutôt lugubre dans l’ensemble. Galindil nous expliqua qu’il était arrivé de la même manière que nous ici-bas : son navire (il en était le capitaine) avait été saisi par les tentacules, lui et ses hommes avaient été capturés par des femmes-poissons sur des hippocampes, et ils avaient été enfermés dans différentes cellules. Ici, ils devaient travailler toute la journée sur le chantier d’un temple, puis ils étaient ramenés dans leur cellule, mangeaient et dormaient avant de retourner au chantier. Alors que je détachai plus tôt Morglos et qu’il me déliait ensuite, nous songions au moyen de nous évader. Hélas, Galindil nous en dissuada en nous racontant qu’un groupe de marins avait tenté de s’évader il y a quelques jours et qu’aucun ne s’en était sorti, tous tués par les gardiennes. Parmi eux, le cuisinier de la prison, qui avait accès aux entrepôts. Résultat : la nourriture était beaucoup moins bonne depuis la tentative d’évasion, mais les gardiennes étaient aussi plus sur leurs gardes. L’idéal eut été de pouvoir s’approcher de l’entrepôt pour voir ce qu’il cachait à part des réserves de nourriture. Et là, Morglos eut une idée de génie : que je me fasse passer pour cuisinier (les femmes-poissons en cherchaient un pour remplacer le défunt), tout en faisant passer mon livre de sorts comme livre de cuisine, ce qui me permettrait à la fois d’apprendre des sorts plus utiles à la situation tout en ayant accès à l’entrepôt. J’attendis donc qu’une patrouille passe devant notre porte pour penser à l’opportunité que j’aurais de bien nourrir mes comparses si je pouvais récupérer mon livre de recettes. La réaction ne se fit pas attendre. La porte s’ouvrit, nous fûmes réveillés (du moins ceux qui dormaient, n’est-ce pas Morglos ?) et l’on demanda qui était cuisinier. Je répondis que je l’étais et l’on me demanda mon nom. Puis les gardiennes sortirent et nous dormîmes. Le lendemain, nous fûmes réveillés par deux autres gardiennes et amenés devant ce qui semblait être la cheffe. Elle était reconnaissable à son casque orné d’une perle sur le devant. Elle demanda qui de nous était Priorn et je m’avançai. Elle m’emmena dans une pièce qu’elle me décrit comme la cuisine, alors que Morglos partait avec notre "hôte" pour le chantier. La cheffe me montra tout ce dont j’avais besoin pour faire à manger, y compris l’entrepôt, puis me laissa la clef des deux pièces et fit mine de partir. Je lui demandai alors de me rendre mon livre de recettes, étant donné que j’avais bien l’habitude de préparer des nourritures terrestres, mais beaucoup les mets composés d’algues, de poissons et de mousses diverses. Elle crut à mon histoire et me donna mon grimoire, qu’elle avait été chercher au fond de l’entrepôt, dans un coffre. Il y avait d’autres coffres à cet endroit, mais ils étaient malheureusement enfermés derrière une grille que la cheffe refermait maintenant. Juste avant qu’elle parte, je lui demandai pour combien je devais préparer les repas, où je devais les servir et dans combien de temps cela devait se passer. Elle m’expliqua que l’on mangeait dans des sphères entreposées sur les étagères de la cuisine, sphères dont je devais pomper l’eau en dehors après y avoir mis le repas que l’on ingurgitait ensuite à l’aide d’une sorte de paille. Puis elle me dit que le repas était pour 25 et dans quelques heures et partit. Le chiffre de 25 m’étonnait, puisque nous étions plus que ça dans la salle où nous nous étions réveillés. Qui plus est, nous avions rejoint d’autres prisonniers. Mais peut-être les autres avaient-ils été emmenés dans une autre prison... Alors que je commençais à préparer le repas, après m’être familiarisé avec la cuisine et l’entrepôt, une gardienne vint voir comment je me débrouillais. Elle me montra également une trappe au centre de la cuisine où je devais jeter les déchets organiques, qui seraient plus bas ingurgités par des vers. Je lui demandai des précisions quant à l’heure exacte du repas, et je l’obtint. Alors que je pensais en elfique qu’il était bon de parler à des gens un tant soit peu intelligents, la gardienne m’interrogea sur mes pensées. Je lui répétai ma pensée en commun tout en m’excusant, et attendis qu’elle parte pour me réjouir du fait qu’elle ne connaissait pas ma langue d’origine. Si c’était le cas pour ses congénères, cela signifiait que nous pourrions deviser de nos plans d’évasion dans cette langue sans risque d’être repérés. Le reste de la journée se déroula sans aucun autre événement. Je fis un sort de détection du poison pour voir si quelque ingrédient était avarié, puis je préparai les repas en y ajoutant un bon goût grâce à un sort de prestidigitation, et enfin je les apportai dans les cellules juste avant la fin de la journée. Pour mes compagnons de cellule et moi-même (je ne voulais pas trop que ça se sache que j’étais magicien), je pris la peine de chauffer la nourriture via un autre de mes sorts, ce qui la rendit (et j’en fus étonné) assez bonne. Puis nous échangeâmes nos expériences de la journée. Je faisais la traduction en elfique de ce que me disait Morglos en gnome pour Galindil, et vice-versa. Galindil nous parla d’un homme dénommé Kohor dont il serait bon de se faire un ami. En effet, cet individu s’était autoproclamé chef des prisonniers et avait bel et bien une influence sur eux. Il décida d’essayer de s’en faire un allié de notre cause le lendemain sur le chantier, ce qui aurait pu être très utile dans l’optique d’une mutinerie. Elle aurait ainsi pu couvrir notre fuite si nous décidions d’un tel plan et que nous trouvions une sortie ailleurs que via les grilles qui menaient au chantier et qui ne pouvaient visiblement être ouvertes qu’avec le casque à perle de la cheffe des gardiennes. Lorsque deux de ces dernières passèrent devant notre porte lors de leur ronde régulière, je lançai un sort de compréhension des langages pour en entendre une se plaindre de leur corvée. L’autre lui répliqua qu’elles n’avaient qu’une chose à faire, c’était obéir aux ordres, même si elle reconnaissait qu’elle ne comprenait pas trop l’attitude de leur reine ces derniers temps, surtout avec cette lubie de construire un temple. Puis elles furent trop loin pour que je puisse les entendre. Je dormis donc afin de pouvoir préparer de nouveaux sorts le lendemain matin. Seconde journée, et déjà la routine s’installait. Alors que je commençais à préparer les repas, la cheffe vint voir comment je me débrouillais. Je la rassurai, si besoin était (elle avait elle-même entendu de bons échos du repas de la veille), que tout allait bien. Le reste de la journée fut calme. Le soir, dans notre cellule, Galindil nous fit part de sa discussion avec Kohor, qui allait venir nous rejoindre tout à l’heure ici-même pour examiner nos plans d’évasion. Alors que je me demandais comment il allait faire pour sortir de sa cellule et entrer dans la nôtre (était-il de mèche avec nos ravisseuses ? Allions-nous être abattus ce soir-même ?), je vis la poignée de notre porte s’abaisser et un assez grand homme pénétrer dans notre cellule. C’était ce Kohor, et il avait une clef. Il referma doucement la porte et se tourna directement vers moi. Il me demanda si j’étais le cuisinier, et exigea de moi d’avoir un meilleur repas que les autres en sa qualité de chef des prisonniers. Morglos lui demanda alors qu’est-ce qui lui donnait cette distinction, et se fit menacer. Ni une ni deux, il monta sur ses grands chevaux et une altercation débuta. Hélas pour l’humain, il effleura la barbe du nain en manquant son coup au visage. Ce dernier lui sauta alors dessus et l’étrangla jusqu’à l’évanouissement. Alors qu’il tombai à terre, une petite clef s’échappa d’une de ses poches. Galindil la ramassa et l’essaya immédiatement sur notre porte. Elle l’ouvrait ! Nous avions déjà un moyen de sortir de notre cellule, c’était toujours ça de gagné ! Lorsque Kohor se réveilla, il réalisa qu’il avait perdu un combat à la loyale et s’inclina devant son vainqueur. Morglos le ramena dans sa cellule et vit à cette occasion que la clef était un passe pour toutes les cellules du complexe. Sur ce, nous décidâmes que le lendemain serait consacré à l’étude des mouvements des gardes, à l’élaboration pour moi de repas pour quatre jours (afin de n’avoir plus à utiliser mon énergie magique pour les repas par la suite) et à la recherche d’une éventuelle cellule proche du chantier. La rumeur circulait qu’elle contenait le seul survivant de la dernière tentative d’évasion, et que cet homme connaissait le moyen d’enlever ces colliers qui étaient incrustés dans nos poitrines. Le lendemain, nous fîmes comme convenu. Morglos escalada un échafaudage et découvrit depuis ce point élevé une petite porte dissimulée derrière des pierres. Elle était gardée par deux femmes-poissons. Ce devait être ce que nous cherchions. De mon côté, j’avais pensé au moyen de sortir notre équipement des coffres du fond de l’entrepôt. Je pouvais en effet utiliser un sort d’ouverture pour ouvrir un coffre, puis un sort de manipulation à distance pour sortir un objet et enfin un sort de fermeture pour remettre le couvercle en place. Je pourrais donc étudier ces sorts le lendemain, à la place de ceux servant à préparer de bons repas. Ensuite je n’aurais qu’à dissimuler les équipements dans notre cellule. Et c’est ce qui se passa. Je récupérai mes deux dagues dans le coffre d’où la cheffe avait sorti mon grimoire, et les cachait sous ma couchette. Morglos, quant à lui, descendit dans le trou qui était recouvert par le temple, et découvrit tout au fond des runes fort semblables à celles qui recouvraient les murs du donjon sur l’île du volcan. Il me les dessina en rentrant le soir, et je lus une sorte de souhait ou de prière pour le repos d’un certain Armangador. C’était peu clair car Morglos semblait ne pas avoir tout bien retenu des symboles qu’il avait vus. Mis à part ça, aucun passage ne partait de ce trou. Apparemment, le temple devait être dédié à cet Armangador, peut-être la divinité des ces créatures-poissons… Sur ce, Galindil, qui était plus courageux qu’il n’y paraissait (ou peut-être supportait-il de moins en moins sa captivité ?), nous demanda la permission d’aller voir au fond du boyau à ordures. Je lui donnai donc une de mes dagues et l’emmenai à la cuisine. Lorsqu’il fut de retour, il nous raconta que les vers étaient tout petits, mais que au fond il y avait un boyau qui remontait vers un mur couvert d’anciens symboles elfiques. Il ne pouvait déchiffrer les runes, mais il semblait y avoir un mécanisme qui pouvait ouvrir ce mur. Je descendis donc avec lui, et je lus l’énigme suivante : « Par les bois du Djinn, où s’entasse de l’effroi Parle et bois du vin, ou cent tasses de lait froid. » En dessus, une indication précisait qu’une lettre était à remplacer afin de résoudre l’énigme. Après plusieurs essais infructueux (soldés par un tourbillon qui nous ramenait dans le tas d’ordures, au milieu des vers qui tentaient de nous mordre et de nous inculquer leur poison) et plusieurs vers découpés en morceaux à la dague, Morglos nous rejoignit. Il proposa de changer le "v" de vin par un "g", et c’est Galindil qui s’en chargea. Nous l’attendions en bas, près du tas d’ordures, afin de le rattraper si le tourbillon se manifestait encore. Ne le voyant pas revenir, nous montâmes et ne vîmes que le mur. Plus de Galindil ! Nous refîmes donc le changement proposé par Morglos et nous retrouvâmes emportés par un nouveau tourbillon jusqu’à atterrir sur un corps mou. Et non, ce n’était pas le tas d’ordures, mais bien Galindil. Nous reprîmes nos esprits et nous dirigeâmes vers le fond de la nouvelle pièce, où se trouvait un couloir. Derrière nous, la même énigme nous permettait de retourner là d’où nous venions. Après quelques dizaines de mètres parcourus, nous nous retrouvâmes devant un embranchement. Nous prîmes à droite et arrivèrent sur le chantier, un peu en dessus de la porte dérobée et ses deux gardiennes. Nous revînmes en arrière et allâmes voir dans le couloir de gauche. Là nous trouvâmes quatre perles dans une petite boîte. Nous retournâmes au chantier, et décidâmes que je descendrai transmettre une décharge électrique aux gardes, et que Morglos et Galindil me suivraient avec chacun une dague afin de les achever. Malheureusement, durant ma descente vers nos ennemies, je pensai à mon attaque et les femmes-poissons le perçurent. L’effet de surprise était donc gâché, mais je réussis quand même à électrocuter une des deux, faisant se secouer l’autre et moi-même à cause de la dispersion de l’électricité dans l’eau. Puis mes deux compagnons finirent, non sans mal, le travail et nous nous retrouvâmes devant la porte. Nous essayâmes le passe et la porte s’ouvrit. A l’intérieur, nous vîmes un homme-poisson, qui nous dit être la reine. En effet, un magicien s’était emparé de son corps et avait envoyé l’esprit de la reine dans le corps du magicien. Du coup, la reine avait été enfermée, alors que le magicien (dans le corps de la reine) avait initié la construction d’un temple dédié en fait à un démon. Nous revînmes jusqu’à la cuisine. Là, la reine réussit à ouvrir la grille avec des coquillages et nous pûmes récupérer notre équipement. Puis nous allâmes réveiller un à un les marins qui dormaient dans les autres cellules du complexe et les fîmes descendre dans le conduit à ordures (Into the garbage chute, flyboy !). Lorsque tout le monde fut en bas, nous refermâmes toutes les portes des cellules, ainsi que celle de la cuisine et discutâmes avec la reine (chais plus son nom) de la suite des événements. Ainsi, elle proposait que l’on retrouve le mage et qu’on le blesse afin qu’elle puisse réintégrer son corps. Nous la suivîmes donc à travers diverses grottes, dont une remplie de petits poissons électriques que nous dûmes éviter afin de ne pas exploser, jusqu’à arriver au pied d’une tour gardée par un vieil homme-poisson et son dragon. Lorsqu’il nous vit, le vieux gardien donna un ordre à son animal domestique et disparut. L’absence de remous lors des mouvements du monstre nous fit penser à une illusion, et c’en était effectivement une. Nous pénétrâmes alors dans la tour. Nous n’étions plus que dix : cinq marins, Morglos, Gallix, Galindil, la reine et moi. Les autres avaient fui en voyant le dragon, mais ça n’était pas bien grave. Nous étions tout de même assez pour aller botter l’arrière-train de ce soi-disant mage. Nous montâmes l’escalier de la tour et pénétrèrent dans une grande pièce. Au centre, une sorte de trône. Tout autour, des sortes de cercueils en corail rouge, et à l’intérieur, les corps inertes de Baline, Hobakken, Loden, le capitaine du bateau et Grandoulf. Les corps étaient chacun reliés par six fils au sommet du trône central, sur lequel était assise la reine. Enfin, son corps, habité par l’esprit du vil mage. Après avoir subi son attaque de projectiles magiques, nous ripostâmes avec nos flèches et nos épées (et notre urgrosh). Alors que Gallix et Galindil s’occupaient de couper les fils qui reliaient nos amis au sombre mage et semblaient lui donner de la force, Morglos se jeta sur lui son urgrosh à la main, et le planta dans sa poitrine. La reine lui demanda alors de tuer le corps du magicien, ce qui fut fait. Sur ce, nous vîmes une lutte secouer le corps de la reine de l’intérieur. C’étaient les deux esprits qui se disputaient l’unique place aux commandes du corps. Heureusement, l’esprit du magicien avait été affaibli par le combat précédent, et la reine prit finalement le dessus. Morglos se jeta alors sur Baline, tentant de la secouer pour la réveiller. Baline ouvrit alors les yeux. |
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