|
|
|
Après deux jours de voyage en direction de la capitale, nous sommes rejoints par Keyo. Après avoir fait son rapport au Champion d''Emeraude, ce dernier l'a renvoyé nous chercher. Nous nous rendons donc à la capitale impériale, et le Champion d'Emeraude nous demande de garder la plus grande discretion. Il est très préoccupé par la situation, et nous remercie pour notre travail. Il nous donne ensuite quartier libre et 10 kokus pour nos efforts. Nous profitons de ce temps libre pour vaquer à nos occupations, et aussi pour faire quelques achats. Un vendeur de potions qui a pignon sur rue dans les beaux quartiers retiens notre attention. Il vend des potions capable de soigner toute blessure instantanément. Le prix prohibitif de 5 kokus par potion me retient, mais Keyo et Noritoshi semblent intéressés. Le marchand, cependant, ignore Noritoshi au profit de Keyo, ce qui provoque la colère du duelliste, qui renverse accidentellement une étagère remplie de potion avant de quitter la boutique. L'homme le poursuit pour s'expliquer, et Keyo en profite pour subtiliser 4 potions. Le lendemain, le champion d'Emeraude nous fait mander tous les quatres. Il nous parle d'abord de la plainte déposée par le marchand de potion et enjoint Noritoshi à régler l'affaire au plus vite. Puis, il nous confie une nouvelle mission. Il nous rappelle brièvement les faits: pendant que la Grue et le Lion s'opposaient, le Scorpion en a profité pour conquérir un chateau du Lion, chateau qu'il a rendu quelques jours plus tard. La logique laisse à penser qu'ils voulaient quelque chose se trouvant au chateau et qu'après l'avoir récupéré, ils n'avaient aucune raison d'y rester et d'être en guerre avec le Lion. Le Champion d'Emeraude veut que nous découvrions ce qui se cachait derrière cette invasion éclair et ce repli. Pour cela, nous devons nous rendre au village des mandariniers, qui se trouve à coté du chateau en question. Là, un espion envoyé par le Champion d'Emeraude nous livrera des informations. De plus, le Lion ayant décrété qu'aucun membre des autres clans n'était plus désiré sur ses terres, nous ne devions en aucun cas passer pour des émissaires de l'empereur. A demi-mot, il nous indique donc que notre statut d'émissaire impérial ne nous servirait à rien, et qu'il est même conseillé de voyager incognito. C'est alors qu'un grand cri provient de la salle du trone, à coté de celle ou le Champion d'Emeraude nous a reçu. Il se lève et se précipite vers la salle, mais nous ordonne de rester où nous sommes, alors que nous nous précipitions pour porter secours à notre empereur! Nous entendons la voix du champion d'Emeraude et celle d'une femme dire "Calmez-vous messire"... Il ne peut s'agir que de Hantei XXVIII lui-même... Que se passe-t-il donc là dedans? Quelques instants plus tard, le Champion d'Emeraude ressort, accompagné d'une femme d'une beauté telle que je n'en ai jamais vue. L'homme, d'habitude si calme, bouillone litérallement de rage. La femme le réprimande alors. Tous, nous baissons la tête et regardons ailleurs. Et quand la femme quitte la pièce et que le Champion d'Emeraude nous ordonne de partir, nous filons sans demander notre reste. L'intendant ne pouvant nous fournir que des vêtments au mon de l'empire, je décide d'aller acheter en ville de quoi me vêtir de manière anonyme, puis de laisser dans ma chambre du palais tout signe distinctif qui pourrait me trahir. Noritoshi décide d'aller voir le marchand de potion avant de partir. Il n'y va pas par quatre chemin, en lui demandant d'exposer son prix concernant la casse, puis lui exposera le sien concernant l'offense. Le marchand lui demande 30 kokus. Noritoshi lui en donne 17, lui disant qu'il reviendra payer le reste, et qu'il exposera son prix à ce moment là. Le marchand transpire tandis que Noritoshi quitte son magasin et vient nous voir, nous demandant 13 kokus. Malgré la somme, nous ne posons pas de question. De retour chez le marchant, Noritoshi le paie, puis lui dit de venir dans la rue pour qu'à son tour, il paie. Le marchand le suit en tremblant, comprenant bien de quoi il s'agit. Il explique qu'il n'a pas d'arme, et Noritoshi, bon prince, lui donne jusqu'à au coucher du soleil pour en trouver une. Puis, il attend. Un moment plus tard, "l'arme" arrive: un ronin engagé par le marchand. Noritoshi refuse le combat, le ronin insiste. Ils finissent par boire le thé ensemble, tout en sachant que l'un des deux devrait mourir plus tard. Mais Noritoshi ne l'entend pas de cette oreille et va voir le marchand chez lui. Ce dernier refuse de le recevoir, et la pauvre servante fait l'aller-retour entre son maitre et Noritoshi, ce dernier lui demandant audiance à chaque refus. Puis, plus personne ne vient. Notre ami décide d'aller voir par derrière, et trouve une porte ouverte. Interrogeant les passants, il suit le fuyard qui s'avère être la servante, qui entre dans un poste de police. Noritoshi l'apostrophe à sa sortie, puis entre dans le poste pour régler cette affaire, qu'il explique aux policiers. Ces derniers vont chercher le marchand. Après avoir écouté les deux parties, ils décident que l'arme du marchand convient, et que donc Noritoshi, qui prétend avoir l'autorisation de se battre en duel, doit affronter le ronin. Mais ils ajoutent que si le ronin devait perdre, le marchand subirait le même sort. La couardise de l'homme a alors raison de son avidité: il accepte la proposition de Noritoshi que chacun annule sa dette. Le duelliste récupère donc les 30 kokus, et le marchand ne risque plus sa vie, il doit juste renvoyer le ronin. Nous partons le lendemain matin, et nous ne sommes pas seuls: au moins cinquante hommes du clan du Crabe quittent la ville, furieux. Comme ils partent vers le sud, nous décidons de faire route avec eux. nous avons tous des habits sans marques (les armures de nos deux bushis sont empaquetées sur les chevaux). Kishiki et moi passons pour des moines errants, tandis que Keyo fait plutôt bourgeoise, accompagnée d'un garde du corps ronin. Ces déguisements ne nous plaisent guère, mais la volonté de l'empereur passe avant tout. Noritoshi, avec son air débonnaire et sympathique, se lie d'amitié avec quelques Crabes qui lui expliquent que l'empereur ne veut plus d'eux en ville, comme il l'avait fait pour les Lions deux semaines auparavant. Evidemment, les Crabes sont furieux. Ils ont deux jours pour quitter la ville, mais ils vont mettre un point d'honneur à partir bien plus vite que cela. Un controle de la part de soldats de la Grue, puisque nous sommes sur leur terre, se passe sans encombre, et nous poursuivons notre route vers le sud. Puis, quand les Crabes préfèrent partir vers la mer plutôt que se rapprocher du clan du Lion, nous repartons vers le nord-ouest afin de traverser, de nuit, la frontière. En étant prudent, nous parvenons au petit matin au village des mandariniers. Nous passons là une journée, attendant que l'espion se montre. Utilisant la magie du Vide, Kishiki essaie de localiser l'espion. Il détecte deux présences qui s'intéressent à nous. Etrange, il ne devrait y en avoir qu'une, l'espion. Le soir, ce dernier finit par venir nous parler alors que nous soupons. Il nous raconte ce qu'il a appris en questionnant quelques Lions ivres. De toute évidence, le deuil suite à la mort de l'impératrice n'est plus respecté chez le clan du Lion. Keyo en fait la remarque, mais l'espion n'a pas l'air d'apprécier, ce qui fait naître quelques soupçons à son égard. Il nous explique qu'après le départ du Scorpion, on a découvert dans la cave à Saké un mur abattu qui cachait un couloir, au bout duquel se trouvait une pièce circulaire dont la paroi était couverte d'une fresque. Les Lions en aurait été tellement frappés qu'ils auraient remuré immédiatement. L'espion ajoute qu'il a découvert un passage qui doit permettre de fuir le chateau en cas d'attaque, et qu'ainsi nous pourrions rentrer pour enquêter plus avant. Il se propose de nous montrer le chemin, mais ajoute qu'il nous faudra une corde. Je me rend donc avec Keyo et lui jusqu'à un simple trou dans les collines à deux kilomètres du chateau. Puis, nous rentrons, et l'espion annonce qu'il va aller faire son rapport au Champion d'Emeraude. Durant notre absence, Kishiki a utilisé à nouveau sa magie pour vérifier qu'il ne ressentait plus qu'une présence (puisque l'espion était censé être avec Keyo et moi), mais il ne ressentit rien du tout, si ce n'est une impression très désagréable ressemblant à la souillure de l'Outremonde ou à la Mao. Nous hésitons à y aller tout de suite, mais nous n'avons pas de pioche pour détruire le mur. Keyo et moi allons jusqu'à la maison du seul marchand du village, mais les volets et la porte ne s'ouvrent pas facilement, nous renonçons donc. J'envisage de les réveiller pour leur demander d'acheter des pioches, arguant que les kamis m'ont ordonné de travailler la terre immédiatement, mais l'idée me semble propre à attirer l'attention. J'aurais du la mettre en pratique, l'avenir me le montrera dès le lendemain. Alors que je déjeunais, un homme qui s'avèrera être ce marchand me demande de le suivre dehors. Je le suis, pensant qu'il veut demander conseil à au moine pour lequel j'essaie de me faire passer. Quelle n'est pas ma surprise quand il me demande de lui ramener sa fille. Je ne comprends pas, et réussi à lui faire répéter ce qui s'est passé: selon lui, je me serais rendu chez lui vers minuit la veille pour lui demander sa fille. Je l'aurais payé et aurait promis de lui ramener sa fille au matin. La tournure des évènements me prend complètement au dépourvu: je lui explique que je vais la lui amener, mais il s'emporte et décide d'aller la chercher. Je retourne à l'auberge, préviens mes compagnons en quelques mots, mais alors que je descend les escaliers, je remarque une tache de sang sur le sol. Sur une poutre, juste au dessus, je vois une petite main qui dépasse. Je panique: quelqu'un s'est fait passer pour moi et a commis un crime atroce. Je n'ai pour témoin que Keyo et un espion qui a déjà disparu. Si j'avais été seul dans ma chambre à dormir, je n'aurai aucun alibi, pas besoin d'un expert en nazodo pour me le dire. Je décide de quitter le village sur le champ, mais l'aubergiste m'apostrophe, me demdant si je m'en vais. Je l'envoie nettoyer ma chambre, prétextant qu'elle est sale, ce qui l'envoie droit sur la tache de sang. Comprenons mon erreur, j'essaie de l'assomer, mais il a le temps de crier avant que Noritoshi ne m'assiste pour le faire taire. Hélas, je n'avais pas remarqué ses aides. Ils se précipitent dehors en criant, tandis que la foule dehors se rassemblent alors qu'un père cherche sa fille. Nous quittons tous l'auberge avec nos chevaux tandis que la grange brûle et que les cris des parents résonnent dans l'auberge. Qui a pu faire celà? Dans quel but? S'il s'agissait de faire échouer notre mission, il suffisait de prévenir les soldats du Lion. Nous nous retrouvons près de l'entrée du passage secret, et nous nous cachons à coté en attendant la nuit. Keyo, dans la panique générale, a réussi à voler un marteau, un burin et des pioches. Nous descendons les quatre mètres de profondeur, puis nous marchons dans un couloir dallé sur deux kilomètres avant d'arriver à une sorte de porte dans laquelle un trou nous permet de voir une sorte de cellule de prison. En passant le doigt dans le trou, un mécanisme déclenche la porte qui s'ouvre d'un coup vers l'intérieur, manquant d'écraser Keyo. Nous visitons rapidement les lieux: nous sommes bien dans les prisons. Un couloir formant un carré entouré de cellules ou de pièces. Une seule porte semble donner vers l'extérieur, à coté de laquelle un poste de garde d'où s'échappent les bruits d'une partie de cartes entre deux hommes. Nous hésitons à demander à Kishiki d'utiliser son sort de silence pour empêcher les gardes de crier, mais il n'a pas assez de lumière pour lire son parchemin.Nous rentrons en trombe à l'intérieur, moi en dernier pour refermer la porte afin que les prisionnier de la cellule d'en face de voient rien. Surpris, les deux hommes n'ont pas le temps de crier: les sabres de Keyo et Noritoshi tranchent vite et bien. Sur eux, nous découvrons des clés qui ouvrent quelques autres salles que nous n'avions pu voir, étant fermée par de vraies portes et non de simples grilles. Nous trouvons ainsi deux cellules confortables qui pourraient accueillir un prisonnier de marque, une salle de rangement, et une salle de torture. De cette dernière, des gémissement proviennent d'un mur fraichement refait. Après avoir décelé une brique, nous découvrons un homme emmuré vivant, un membre du clan de la Grue dont le seul crime aura été de tomber sur une patrouille de Lions près de la frontière. Nous tentons de le libérer, mais cela prendrait trop de temps, aussi décidons-nous d'ouvrir la cage qui ne contient qu'un seul prisonnier et nous lui ordonnons de libérer l'emmuré pendant que nous continuons notre exploration. Hélas, elle ne durera pas: derrière la porte qui semble être la sortie de la prison, un petit couloir suivi d'une autre porte, avec deux gardes à nouveau. Ceux-ci ont le temps de crier avant de succomber et c'est un flot de gardes qui sort des portes de plusieurs dortoirs plus loin dans le couloir. Grâce à Keyo qui envoie de l'huile se répandre dans le couloir et l'enflamme de sa torche, nous coupons momentanément l'arrivée de gardes supplémentaire, mais ils sont de toutes façons trop nombreux. Nous battons en retraite. Je bloque la porte avec la magie de la terre, Keyo tue le prisonnier que nous avons libéré afin qu'il ne parle pas, Noritoshi crie aux ninjas pour que les autres prisonniers racontent n'importe quoi et nous fuyons par le même chemin. La traversée des deux kilomètres prend du temps et constatons que le chateau est en effervescence. Nous fuyons à travers la plaine, nous dirigeant plutôt vers le centre du territoire du lion que vers les frontières. A l'aube, nous trouvons une ferme isolée dans laquelle nous nous abritons après avoir enfermé les habitants dans une petite pièce. Nos poneys sont cachés dans la maison, tandis que le cheval de Keyo, trop grand, se couche dehors et que la samurai-ko le recouvre. L'animal semble la comprendre et lui obéit, ce qui m'impressione fortement, plus encore que la taille de l'animal. La journée passe, et nous nous reposons tant bien que mal. De temps en temps, un cavalier passe. Puis, en fin d'après-midi, c'est une patrouille de quatre hommes qui vient droit sur la ferme. Je fais sortir le père de famille et lui explique qu'il doit les convaincre qu'il n'a vu personne, auquel cas sa famille et lui auront la vie sauve. Il sort, s'approche des cavaliers, mais ne finit pas de les saluer que Keyo est dehors, sur son cheval attirant l'attention des quatres hommes. Leur chef fait alors un signe à l'un d'eau, qui part au triple galop vers le sud. De l'intérieur, Noritoshi décoche une flèche. De son cheval, Keyo fait de même. Kishiki sort les poneys, tandis que je lance mon sort d'affaiblissement sur l'un des deux samourais qui fonce sur Keyo. Mon sort fonctionne et la samourai-ko tombe de cheval. Je fonce vers elle pour l'achever, mais je n'ai que mon tanto. Voyant qu'elle se relève, je fait appel à la magie du feu pour invoquer mon sabre de flammes. Affaibli par la magie, mon adversaire frappe lentement, et j'arrive à porter le premier coup. Une lame normale est déjà très dangereuse, mais quand la lame est de feu, c'est encore pire. Sa blessure la coupe dans on élan et elle me manque. Je suis aussi le plus rapide au deuxième assaut, et c'est ce qui sauve ma vie car elle semblait une combattante aguerrie. Pendant ce temps, Keyo tentait de rattraper le fuyard, ce qui, avec son cheval, n'aurait posé aucune difficulté si les deux autres cavaliers ne s'interposaient. Je fais le tour de la maison après mon combat, et je constate qu'un des cavaliers est à terre, une flèche dans le corps et une blessure ressemblant à celles que fait le no-dachi de Keyo. Celui qui reste, leur chef semble-t-il, semble coriace. Keyo et lui foncent l'un sur l'autre: Keyo tente d'esquiver afin de pouvoir prendre l'avance qu'il lui faut pour le distancer et rejoindre le fuyard, mais l'esquive rate et elle tombe de cheval. Keyo semble gravement blessée, d'autant qu'alors qu'elle tente d'éviter la charge du Lion, elle est touchée par son épée et par le cheval. Elle avale alors une potion tandis que Kishiki et Noritoshi se rapprochent. Le Lion choisit Noritoshi comme cible. Ce dernier réussit à le toucher en premier, mais le Lion est emporté par son élan et rien n'arrête le coup dévastateur qu'il porte au malheureux duelliste qui tombe de cheval. Il semble sans-vie tandis que le cavalier fonce maintenant sur Kishiki, qui a invoqué une sphère de feu de belle taille. Mais ni le cavalier, ni le poney, tous deux vétérans de nombreux combats, ne se laisse effrayer, pensant sans doute (et avec raison) que si Kishiki avait pu utiliser cette boule de flammes comme arme, il l'aurait déjà fait. Kishiki me surprend alors complètement: alors que l'ennemi fonce sur lui, il laisse la boule de feu s'évanouir, laissant le champ libre au Lion. Mais mon camarade Shugenja savait ce qu'il faisait: agile comme un phoenix en vol, il bondit sur le coté et évite la charge. Quant à moi, je me suis suffisement approché pour lancer sur lui la fureur d'Osana-Wo: la foudre déchire un ciel pourtant sans nuage et vient frapper le Lion. Ce dernier encaisse remarquablement bien et maintient son cheval sur la trajectoire de Kishiki :un deuxième passage de l'ennemi a le même effet, Kishiki évite encore une fois. Keyo à nouveau en selle charge notre coriace adversaire. Cette fois, le coup porte et le fait chuter: il est enfin vaincu. Keyo me lance une potion pour Noritoshi et part au galop. Je donne la potion à boire à Noritoshi. La blessure est unique, mais profonde. La violence du coup a été telle qu'il ne lui reste qu'un souffle de vie. La potion est heureusement d'une efficacité redoutable et la blessure se referme en un instant. Il se relève. Nous nous approchons tous les trois du vaincu pour l'achever, mais il nous demande de l'aider à s'assoir. Comprenons ce qu'il veut, nous le faisons. Il se fait Sepuku et Noritoshi l'assiste. Pendant ce temps, Keyo rattrape le fuyard, son poney ne pouvant rien face à la célérité d'un cheval du clan de la licorne. De trois flèches, il l'abat, avant de ramener son corps sur le poney. Evidemment, les paysans en ont profité pour disparaître dans la nature, mais ce n'est pas très étonnant. Nous cachons les corps et les poneys dans la ferme avant de repartir à la nuit tombée en direction du chateau, n'ayant pas encore abandonné tout espoir concernant notre mission. Hélas, nous déchantons vite: le chateau est en effervescence, et l'entrée du passage est bien gardée. Il ne nous reste qu'à rentrer faire part de notre retentissant échec au champion d'Emeraude... C'est alors que Kishiki a une idée: en passant dans le monde du Vide, comme lorsque nous nous trouvions dans la forteresse du Sanglier, il pourrait peut-être apprendre quelque chose. Cependant, le risque est grand: plus son âme s'éloigne de son corps, plus le risque qu'il se perde à jamais dans le Vide est grande. Cependant, il est prêt à tenter le tout pour le tout. Il s'installe donc sur le sol, se concentre... Les minutes passent, quand soudain, il se réveille, en sueur, pâle comme a lune. Il tremble de tout son corps. Le Vide l'a aspiré à lui et a presque réussi à l'avoir. Quelques secondes de plus et jamais il ne se serait réveillé. Et cela se voit sur son visage, car Isawa Kishiki vient, en quelques minutes, de vieillir d'au moins dix ans. Il peine à se tenir debout, mais nous raconte qu'il a visité le chateau et trouvé la salle, qu'il a pu contempler la fresque. Au début, il lui semblait que c'était les sept Tonnerres en train de combattre Fu Leng, mais en s'approchant, il vit que la silouhette sombre qui affrontait sept samourais tenait son coeur palpitant dans sa main. Je plonge dans ma mémoire pour retrouver les détails de l'histoire de cet homme, un shugenja dont le nom fut oublié, qui décida d'apprendre la Mao afin de trouver comment la combattre. Il échoua malheureusement... Puis, bien des années plus tard, un autre homme, repris ses recherches et devint Yoshiban, un maître de la Mao capable de retirer son coeur de sa poitrine afin de devenir immortel. Yoshiban fut vaincu par l'alliance des sept clans représentés par sept samourais sur la fresque, mais comme il était immortel, son corps fut enfermé quelque part, nul ne sait où. On dit aussi que trois histoires racontant sa vie et son destin furent écrites. L'une d'elle disait qu'il n'était à la base d'un simple jardinier, une autre disais qu'il était shugenja, quant à la troisième, on ignore son contenu. Par déduction, on peut penser que la salle contenait soit le coeur de Yoshiban, soit l'une des ses trois biographies. Le scorpion essaie-t-il de réveiller Yoshiban? Quoiqu'il en soit, nous partons sur le champ pour la capitale afin de faire notre rapport au Champion d'Emeraude. Mon admiration pour Kishiki a augmenté: il n'a pas hésité à tout risquer pour l'accomplissement de notre mission, car il est clair que grâce à lui, nous avons obtenu ce que nous pensions impossible après notre fuite du chateau du Lion. |
|
|