Le clan du Moineau

Me voilà donc sur les routes de l'empire d'Emeraude! Mon daymio m'a confié une mission des plus importantes: faire en sorte que le clan, mineur, certes, mais honorable, du Moineau renoue des liens avec le clan du Dragon. Pour celà, je me rends jusqu'au territoire du clan du Moineau, tout en me rappelant ce que j'en sais... Ce clan fut fondé des siècles auparavant par une famille du clan de la Grue, la famille Suzume. La Grue était un clan riche, et les Suzume décidèrent d'abandonner cette richesse car elle freinait l'accès à l'illumination. L'Empereur leur donna des terres désolées et peu productives, et ainsi le clan du Moineau fut formé.

J'arrive donc au matin à la forteresse de la famille Suzume. Je demande audience au daymio, mais je dois patienter car je ne suis pas le seul. Il y a déjà un membre du clan de la Grue, un duelliste de la famille Kakita, et je suis suivi par un shugenja du clan du Phoenix.

Après avoir présenté mes respects au daymio et lui avoir expliqué le but de ma visite, je visite un peu le chateau. Partout sur les murs sont gravés des haikus, car dans cette partie froide et humide de l'empire, aucun parchemin ne se conserve longtemps. D'une fenêtre, j'assiste à l'arrivée d'un émissaire impérial accompagné de deux membres du clan du Scorpion et de trois ronins. Etrange émissaire impérial qui s'attache les services de ronins...

Le soir venu, nous nous retrouvons tous pour un repas commun à la table du daymio. Il y a là le daymio, son fils, les scorpions, le moine Shosan, l'émissaire impérial, Isawa du Phoenix, Kakita de la Grue et moi-même. Je remarque que le fils Susume semble fasciné par Bayushi Oyumi, la femme du clan du Scorpion. Son compagnon du même clan semble être une grosse brute sans cervelle et j'y prête peu d'attention. A la fin du repas, un peu éméché, Shosan décide de lire les lignes de la main des convives. Tout le monde accepte, sauf l'émissaire qui insulte le moine, refroidissant considérablement l'ambiance.

Une fois la soirée terminée, je rejoins ma chambre, mais j'entends une dispute dans une chambre voisine. Je reconnais les voix de l'émissaire impérial et du daymio du clan du Moineau. J'écoute discrètement, et il semble que je ne sois pas le seul. Kakita vient me trouver peu après, mais je prétends n'avoir rien entendu. J'apprendrai ensuite qu'il aura suivi le daymio, et que ce dernier sera rejoint par son fils, mais qu'il ne pourra suffisement s'approcher pour savoir de quoi il retourne. Sur le chemin du retour, il rencontrera Taki, le jeune disciple du moine, qui semble attendre, très mal à l'aise, devant la chambre de l'émissaire. Kakita essaiera de le faire parler, mais le jeune Taki, s'il bafouille un peu, donne des réponses qui convainquent Kakita de le laisser. Au matin, un cri nous réveille!

L'émissaire impérial gît dans son sang. Il est mort, évidemment et c'est la découverte du corps par une servante qui a alerté la maisonnée. Bayushi Oyumi ne tarde pas à arriver et laisse éclater sa colère. Le fils du daymio est rapidement accusé, car son épée est posée là, sur le sol, près du corps et elle est tachée du sang du mort. Et par le plus grand des hasard, il ne se souvient de rien... Je tente de calmer Oyumi, mais comme je la soupçonne d'avoir orchestré tout celà, mon discours s'adresse en fait aux occupants de la pièce. J'explique que n'importe qui a pu utiliser cette arme et surtout la laisser là bien en évidence. Mais Oyumi se déclare remplaçante de l'émissaire et use de celà pour s'imposer. Je décide de m'incliner pour l'instant.

Peu après, le daymio nous convoque Kakita, Isawa et moi. En tant qu'étrangers, il estime que nous sommes les plus aptes à mener l'enquête. Si ses hommes le font, personne ne croira à l'innocence de son fils, tandis que nous somme neutres. J'accepte, bien sûr, y voyant là l'occasion de renouer les liens entre le Dragon et le Moineau. Kakita et Isawa font de même, bien que j'ignore leurs raisons. Il nous révèle qu'une servante a vu son près de la chambre du suspect durant la nuit, alors qu'elle apportait de l'eau à dame Oyumi. Je trouve cela bien pratique, qu'elle demande de l'eau au bon moment pour avoir un témoin, mais comment a-t-elle fait en sorte que le fils Suzume soit là à ce moment là? Nous décidons de l'interroger, mais plus tard.

Tandis qu'un membre du clan du Moineau est envoyé pour prévenir l'empereur, nous commençons notre enquête. Pour celà, nous retournons sur les lieux du crime. J'aiguise mes sens et laisse le nazodo me guider. Nous remarquons qu'il n'y a pas de trace de lutte. La victime connaissait donc sans doute son agresseur, qui aura agit par surprise... Une technique de Scorpion, en somme. Autre élément remarquable dans la chambre: une armoire, complètement vide. Le vol serait-il le mobile? Alors que le corps est sur le point d'être emmené, nous remarquons des taches de sang. L'agresseur a peut-être été blessé, ou alors il a été taché par le sang de la victime et en a laissé couler derrière lui dans sa fuite. Nous suivons la trace sanglante jusqu'à la porte qui mène dans la grande cour. Mais là, dans la terre battue, la piste disparait.

Nous interrogeons alors les gardes et découvront plusieurs choses: il existe une porte dérobée dans le mur d'enceinte qui permet de quitter l'endroit. Quand nous y allons, nous découvrons qu'elle n'est pas fermée. Vraisemblablement, quelqu'un l'a empruntée pour sortir, et n'est pas revenu, car elle ne se ferme que de l'intérieur. De plus, l'un des gardes a apperçu un homme qu'il a reconnu comme étant notre suspect, ce qui est très étrange car ce dernier était dans sa chambre au matin. Le garde qui devait surveiller la porte risque la mort pour l'avoir laissée être ouverte aussi longtemps, aussi nous pouvons lui faire obéir à nos instructions en échange de notre silence. Il gardera la porte pendant que nous sortons. Nous suivons des traces de pas dans les hautes herbes, mais nous perdons la trace. Un homme à pied qui se dirige droit vers le nord, à première vue... S'il ne dévie pas de sa course, il passera le col par lequel je suis moi-même arrivé et quittera les terres du clan.

Nous découvrons qu'un des ronins a disparu, et nous décidons qu'il faut partir à sa poursuite, mais Oyumi décide d'adjoindre son homme de main à la poursuite. Kakita décide partir seul avec ce scorpion, tandis qu'Isawa et moi continuons l'enquête. Peu après le départ de Kakita, nous découvrons qu'Oyumi a décidé d'aller parler à l'empereur elle-même. C'est très grave, car elle va sans doute en profiter pour ajouter des mensonges à ce qui s'est passé ici. Elle part peu après.

Nous allons ensuite interroger le fils Susume, qui nous révèle qu'après le diner, il est aller boire un verre de thé avec Oyumi. Puis, il pense être rentré à sa chambre, mais ne se souviens de rien d'autre. Le pire pour nous enquêteur, c'est que cet idiot pense être le coupable, et du coup ne cherche qu'à peine à se disculper.

L'interrogatoire de la servante ne donne qu'une seule chose: elle n'a reconnu le fils du daymio que par son épée et un vêtement qu'elle lui a déjà vu. Elle n'a pas vu son visage. Cela pourrait donc être quelqu'un d'autre.

Nous suivons ensuite la piste de Taki en allant parler au moine Shosan. En posant les bonnes question, je parviens éveiller son attention et il décide de jouer cartes sur tables. Il nous raconte qu'il y a quelques années, il était moine dans un monastère paisible du clan de la grue. A cet endroit était gardé l'un des sept poèmes de Suzume Otomo. Un jour, l'émissaire est venu. Il avait pour mission de réunir les sept poèmes pour l'empereur, et il en avait déjà cinq. Quand les moines du temple refusèrent de lui donner le sixième, il massacra tout le monde pour s'en emparer. Il y eut toutefois deux survivants, absents au moment des faits, mais qui rentraient juste à ce moment: Shosan et Toki. Si aucun des deux ne put voir le visage de l'émissaire car il faisait nuit, Shosan vit par contre qu'il avait été blessé à la main durant le combat. C'est pour celà qu'il avait voulu lire les lignes de la main des convives. Mais le refus de l'émissaire l'avait identifié tout aussi bien. Il avait ensuite, de nuit, volé le parchemin, tandis que Taki montait la garde devant la chambre. Cependant, il n'avait rien fait d'autre, et j'ai tendance à le croire, même s'il est évident qu'il est satisfait de la mort de cet homme.

Je connais évidemment l'histoire de Suzume Otomo, qui aurait écrit sept poèmes qui seraient en fait un moyen d'atteindre l'illumination.

Après récapitulation, nous allons voir le daymio pour qu'il nous raconte le fin mot de l'histoire. Il s'avère que l'émissaire était ici pour récupérer le dernier poème. Suzume a refusé, d'où la dispute que nous avions entendu la nuit précédente. C'est alors qu'un messager vient apporter une terrible nouvelle: l'empereur approche avec une armée, et la destruction du clan du Moineau est imminente. Ainsi, ce que les scorpions voulaient n'étaient pas les parchemins, mais la destruction du clan mineur.

Au départ, j'ai pensé que le parchemin était, comme les haikus, gravé sur les murs, et que c'était la raison du refus. Mais il n'en était rien. Le daymio nous conduit jusqu'au parchemin, au fond d'une caverne creusée sous la demeure. Au centre de la pièce, une pierre à écrire, sur un socle, dans une alcove, le septième parchemin. Mais le papier est vieux, et en fait de poème, c'est juste un dessin. Quel mystère se cache donc là?

C'est alors que Kakita réapparait, seul. Il nous raconte comment il a rattrapé le fuyard, mais que ce dernier était très malade, sans doute empoisonné, et comment Bayushi, sous prétexte qu'il n'était qu'un ronin, l'avait tué. Kakita ayant prévenu Bayushi car il avait vu venir le piège, il n'hésita pas à le combattre et il sorti victorieux. De plus, sur le cadavre du ronin, il avait trouvé les cinq premiers parchemins. Avec celui de Shosan et celui du daymio, nous avions les sept. Le seul espoir de sauver le clan était de donner à l'empereur ces sept poèmes... Mais nous ne pouvions transporter le dernier car il était sur le point de tomber en poussière... Pourtant, les six premiers poèmes étaient intacts, alors qu'ils étaient vieux de plusieurs dizaines d'années, eux aussi... Chaque poème était un pas sur le chemin de l'illumination, et le dernier poème devait être ici, dans cette pièce. Si ce n'était pas ce dessin... Mais bien sûr! La pierre à écrire... Car le dernier pas sur chemin de l'illumination, personne ne peut dire pour un autre où et comment le franchir... Le dernier poème, c'est ça, cette pierre à écrire! Mais en même temps que la joie d'avoir résolu cette énigme me submerge, je réalise que si l'empereur croit qu'il s'agit d'un stratagème pour ne pas lui livrer le dernier poème, il anéantira le clan.

Je m'attèle à la lecture des premiers parchemins, et je les comprends, en tout cas les deux/trois premiers... Mais je sens qu'ensuite, je ne suis pas encore prêt, alors je m'arrête. Mes camarades essaient aussi, mais sont moins chanceux. Puis, nous partons avec le daymio rencontrer l'empereur et tenter de sauver ce qui peut l'être.

Le daymio nous envoie nous trois, et reste en arrière, car s'il venait, il risquerait d'être abbatu à vue. Nous demandons à parler à l'empereur, en arguant que nous avons les parchemins. Il accepte de parler à l'un d'entre nous, et c'est moi qui y vais.

Je suis impressionné, mais j'essaie de garder mon calme et d'expliquer clairement la situation à l'empereur, ce qui n'est pas facile. S'il s'inquiète d'abord uniquement des parchemins, sans se soucier de la mort de son émissaire, il revient ensuite dessus quand je veux donner plus d'explications. Finalement, je ressors de cet entretient auréolé de la gloire d'avoir parlé à l'empereur, mais frustré d'avoir peut-être échoué à le convaincre. Il a toutefois accepté de recevoir le daymio Suzume. Le destin du clan est dans les mains de son daymio, ce qui est juste. Toutefois, il nous ordonne de quitter ses terres immédiatement. Sans doute craint-il la destruction et veut-il nous préserver.

Je retourne donc sur les terres ancestrales du clan du Dragon et vais présenter mes respects à Agasha Tatomori, mon daymio. Je lui raconte ce qui s'est passé sans rien cacher, puis me retire, lui laissant tirer ses conclusions. En ce qui me concerne, c'est clair: si le clan du Moineau a survécu, les liens entre nos deux clans seront seront à nouveau fort car j'aurai participé à la survie de ce nouvel allié. S'i a été détruit, j'aurais failli à mon daymio...


Le clan du Moineau