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Krishaor (par Lancelet) C'est à la fin de la première décade de Flammerige que Sushinda, Thindar, Beltham, Yuri, Asim et moi arrivâmes à Mistledale. Depuis le lieu de notre rencontre, il ne nous avait fallu que quelques heures de marches pour rejoindre le Gué d'Ashaba. La pluie tombait tandis que nous finissions nos bières. Thindar et Beltham avaient finalement fixé un prix pour le livre de sort que le guerrier voulait vendre, et il fut convenu que le sorcier accompagnerait le groupe jusqu'à ce qu'il ait de quoi payer. Je décidait quant à moi de suivre mon ami d'enfance. A quelques tables de là, un nain dégageant une odeur pestilencielle buvait une énième bière: le nombre de choppines vide sur la table était ma foi fort conséquent. Je l'avais déjà vu la veille, juste avant que je ne quitte le village. Il y avait là également un hobbit, qui était en plein repas. Thindar se leva brusquement, et alla parler au nain, qui se présenta comme étant Immaboyatze Tonnard Le I. Un moment plus tard, Yuri alla rejoindre Thindar, et ils commandèrent un sanglier rôti. Je discutai pour ma part avec Asim et Beltham, Sushinda n'ayant pas réapparu, et ils m'apprirent qu'ils se rendaient tous dans la forêt natale de Yuri. Ils furent incapables de me donner le nom de cette forêt, mais m'apprirent cependant que Sushinda, druide de son état, désirait s'y installer. Beltham, Asim et moi commandâmes un sanglier rôti, et Sushinda, sans doute attirée par l'odeur excellente qui se dégageait de la cuisine, nous rejoignit. C'est ce moment que choisit Immaboyatze pour s'endormir en mangeant.Il tomba de sa chaise, et Thindar, prétextant qu'il voulait l'aider, en profita pour lui faire les poches. Si je ne dis rien, ce ne fut pas le cas de Sushinda qui tança vertement mon ami. Puis, Thindar et l'aubergiste emmenèrent le nain dans sa chambre, sous l'oeil soupçonneux de la jeune femme. Thindar sortit un instant, puis entra dans l'auberge. Il se dirigea vers les escaliers en faisant le plus de bruit possible, et prétexta avoir laissé tomber son épée dans la chambre d'Immaboyatze. Il monta donc, suivi par Sushinda. Je me désintéressait de leur manège pour me concentrer sur l'animal que Coros, l'aubergiste, nous apporta. Thindar et Sushinda finirent par redescendre. Tandis que la jeune femme nous rejoingnait et mangeait une salade, Thindar alla parler au hobbit. La discussion fut courte, le petit-homme préférant sans doute continuer à manger. Quand Thindar nous rejoignit, je lui proposai d'aller à l'orphelinat où nous avions grandi avant son enlèvement. Beltham décida de nous accompagner. Je leur présentait Talik Dester de Lathandre, un jeune prêtre qui avait rejoint le temple local depuis quatre ans. Les enfants jouaient autour de nous, ce qui sembla énerver Thindar. Etrangement, il ne disait plus rien. Il me communiqua par signes qu'il ne pouvait plus parler. Cela écourta fortement notre passage en ce lieu, mais il eut quand même une discussion avec Linea Blackthorn de Lathandre, qui était déjà ici du temps de notre jeunesse. Je suppose que Thindar s'est en fait contenté d'écouter, car à son retour, il ne parlait toujours pas. Nous quittâmes donc l'orphelinat, et à peine dehors, nous vîmes Sushinda, Asim et Yuri avec leurs chevaux et celui de Beltham. Ils étaient semblait-il particulièrement pressés de quitter Valbrume. Nous décidâmes de suivre le fleuve Ashaba jusqu'à Valombre, avant de prendre la route de Valdague, plutôt que de faire le détour jusqu'à Tilverton. Le lendemain, nous croisâmes un groupe de guerriers, les chevaliers de Myth Drannor, qui nous mirent en garde contre les démons qui avaient élu domicile dans l'ancienne cité elfique. Ils avaient pour missions de mettre les voyageurs perdus et les aventurier imprudents sur le bon chemin, celui qui s'éloignait de Myth Drannor. Durant la nuit, Sushinda disparut. Yuri s'en rendit compte au moment de prendre son tour de garde. Nous essayâmes tant bien que mal de retrouver sa trace, mais rien n'y fit. Thindar, qui avait enfin retrouvé l'usage de la parole, tenta de lancer son sort de silence à l'envers, afin d'acroitre son audition et d'ainsi peut-être réussir à retouver Sushinda. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il réussit et nous guida dans une direction dans laquelle il avait entendu des hurlements et des cris. Lorsque nous arrivâmes sur les lieux, il ne restait que trois cadavres de drows atrocement mutilé. Yuri, chasseur de son était, habitué à ce genre de blessure, ne put toutefois dire quel genre d'animal avait fait cela. Il penchait pour un tigre, bien qu'il n'en ait jamais vu, tout en sachant qu'aucun tigre ne vivait à Cormanthor. Peut-être un autre félin de ce genre? Je récupperai la seule cape en bon état sur le trio: j'avais entendu parler de ces piwafi, mais c'était la première fois que j'en voyais un. Je le rangeai précieusement dans mon sac à dos, l'enroulant dans une couverture pour éviter qu'il ne soit endomager par la lumière du soleil le lendemain. Toutes nos recherches pour retrouver Sushinda furent vaines. Au matin, elle réapparut, affirmant qu'elle ne se souvenait pas de ce qui s'était passé. Nous continuâmes notre route, sans qu'aucun incident ne vienne troubler notre voyage, et quatre jours plus tard, nous arrivions à Valdague. Les habitants, comme nous l'avait expliquait Yuri, étaient tous armés, et nous regardaient avec méfiance. D'après le chasseur, ces gens avaient tellement été trahis, qu'ils ne pourraient jamais faire confiance. Yuri nous parla aussi de Randal Morn, le véritable seigneur, qui tentait de consolider sa position, tandis que Château-Zenthil voulait reprendre le pouvoir à Valdague. Nous vîmes sur la route une jeune femme d'une grande beauté nous faire signe. Sa chevelure était immaculée, et en la voyant, Asim et Yuri, comme un seul homme, s'exlamèrent: "Miriel!" Yuri (par Julien) Beltham n'avait pu résisté à l'appel de la bière et c'est pourquoi nous nous trouvions à nouveau dans une auberge en plein centre de Mistledale. Deux jours plus tôt, nous nous étions trompés de route et nous avions manqué la Passe des Ombres qui devait nous mener à Valdague. C'est seulement le lendemain que je m'aperçus de mon erreur et mon moral tomba aussitôt. Comment avais-je pu me tromper ? Quelle pathétisme ! Puisqu'un retour en arrière ne nous aurait pas fait gagner de temps, nous acceptâmes l'invitation de Thindar. Cette ville ressemblait à tout les petites villes des Vaux : un groupe de fermes et des champs à perte de vue, une auberge, un temple et quelques bâtiments administratifs ( la prison par exemple ). Elle me rappelait la plupart des villes que j'avais traversé dans ma jeunesse. De même, l'auberge était une copie conforme des autres auberges de la région : Elle était vétuste, sale et vide mais la bière y était bonne. Hormis mes compagnons, il y avait trois personnes dans la salle. D'abord l'aubergiste, un petit homme chauve et repoussant qui me fit penser à Sim, un comique célèbre vivant à Château Valdague. Ensuite seul à une table au fond de la salle, se trouvait un hobbit qui semblait ne jamais s'arrêter de manger. Et enfin, à une table voisine, trônait un nain qui selon moi tentait d'avoir l'air important. Plutôt ridicule, en fait. Toujours aussi affable, Thindar se rendit à sa table alors que nous buvions nos bières et Beltham un tonneau entier. Ils commencèrent à parler et j'écoutais de manière distraite. Ce nain s'appelait Imaboyatze, le I. Vraiment minable. Tout d'abord interloqué, hésitant à rire un bon coup, Thindar se calma constatant l'air sérieux de son interlocuteur. Le I lui appris qu'il recherchait un homme qu'il croyait être responsable ou plutôt au courant des tentatives d'assassinats contre lui. Il s'appelait Siegfried. Je vins m'attabler avec eux alors qu'Asim, Krishaor et Beltham parlaient de politique (Je déteste la politique). Au fil de la conversation, Thindar et Imaboyatze devinrent totalement antipathiques. Pour détendre l'atmosphère, je commandais du sanglier rôti. Mais la situation devint catastrophique quand Thindar interdit au I de toucher à notre viande. Puis le nain, tellement bourré ( Il avait aligné 12 chopes sur sa table. ) s'endormit. Thindar, visiblement calmé, monta le nain dans sa chambre avec l'aide de l'aubergiste. Il dut par la suite y remonter car il avait oublier son épée sur la paillasse du nain. Beltham et nos deux nouveaux compagnons partirent ensuite au temple de Chauntea où Thindar avait passé son enfance. Alors que je m'apprêtais à quitter l'auberge, l'aubergiste vint vers moi et m'apprit qu'Imaboyatze venait de Valdague où il se passait des événements inquiétants. Je restai donc à l'auberge en compagnie de la jolie Sushinda et de mon ami Asim. Celui-ci semblait fatigué et triste. Avait-il fait le bon choix en quittant le temple d'Ogma ? Je ne le pense pas. Alors que notre attente tenait du supplice et que je commençais à somnoler, Sushinda se rendit dans la chambre de Imaboyatze et celui-ci descendit quelques minutes plus tard. Il m'apprit qu'une liche faisait un carnage aux Chutes de la Dague et qu'il serait bon d'éviter la ville si l'on tenait à sa vie. Rien de très nouveau en fait. " Portez une armure intégrale ou mourrez ", c'est la devise dans les environs de la Dague. Le nord de Valdague a toujours été comme ça et cela ne changera pas à moins que Randal Morn remonte sur le trône ce qui me parait peu probable. En échange de l'information, le I nous demanda une bière. Je voulus appeler l'aubergiste mais Sushinda conseilla au I d'arrêter de boire et d'aller se recoucher. Celui-ci pris très mal la chose et le débat devint venimeux. La fureur du nain éclata totalement lorsque Miss "l'amie des oiseaux " lui proposa, insulte suprême, une chope d'eau ! Il sortit sa hache et voulant de nouveau épater la galerie, il lança une chope au loin puis il la détruit d'un lancer puissant de sa hache, beau geste pour dire qu'il était bourré. Celle-ci se figea derrière le bar à quelques centimètres du brave aubergiste trop apeuré pour bouger. Sushinda aurait pu alors conclure l'affaire avec une phrase chevaleresque du style : "Mon cher, vous voilà désarmé, je pourrai maintenant vous occire sans difficultés mais je ne le ferai point ", mais elle décida tout simplement de lui glisser sa serpette sous la gorge ! Elle continua ensuite à lui faire la morale alors qu'Asim et moi constations avec effarement la situation. Sushinda relâcha finalement le pauvre nain humilié. J'ai pu constaté au cours de mes voyages qu'il n'y a pas plus orgueilleux qu'un nain et Imaboyatze répondit parfaitement à ce critère. Il reprit sa hache et se retourna pour l'affrontement puis constata qu'à un contre trois il n'avait pas la moindre chance, il partit donc dans sa chambre pour s'armer un peu plus comme j'allais le constater en suite. J'aurais bien voulu lui dire que j'étais infiniment désolé pour le comportement antisocial de mon amie, lui expliquer qu'elle vivait à l'écart des hommes dans la nature avec des loups et des chevaux mais c'était beaucoup trop tard et nous le savions tous. Asim alla prendre les chevaux et nous partîmes pour le temple au moment ou le nain sortait de l'auberge pour nous trucider. Arrivés au temple, nous retrouvâmes nos amis et on prit la route en direction de Valdague en remontant le fleuve Ashaba. Très vite, la forêt nous entoura et c'est en utilisant nos armes que l'on pu progresser. Les trois jours de voyagent furent très éprouvants. Lors du premier jour, nous rencontrâmes un groupe de guerriers. Ils parcouraient les terres de Valombre pour prévenir les voyageurs qui s'avançaient dans la forêt. Selon eux la forêt était hantée. Effectivement notre passage dans la forêt marqua nos esprits. Sushinda disparut pendant la deuxième nuit. Nos recherches furent vaines mais aidés par Thindar qui utilisa son sort de silence, on parvint dans une clairière où l'on trouva des cadavres de Drows. Ceux-ci avaient été les victimes d'une créature dont je ne put pas déterminer la forme. Krishaor prit une cape elfique qui avait résisté à l'assaut et on s'installa à l'écart de la clairière pour le restant de la nuit. Le lendemain, Sushinda réapparut mais elle fut incapable de nous expliquer ce qui s'était passé. Nous avions craint le pire mais apparemment elle semblait en pleine possession de ses moyens. Le reste du voyage se passa sans encombres et c'est en milieu d'après-midi du troisième jour que l'on parvint en vue de Valdague, la contrée de mon enfance. Sur la route, une nouvelle surprise nous attendait : Miriel ! |
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