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Rencontres et grosse bêbête

Je suis arrivé ce matin à Pawnie Rock. Climat sec et chaud, juste ce qu'il me faut. Je me sens mieux, grâce à Dieu, mais je dois prendre garde à ne pas contaminer qui que ce soit. De toute façons, je tousse suffisamment pour qu'on évite de trop m'approcher. Au moins ai-je toujours de la place au saloon. Tout est calme au saloon de Pawnie Rock. Peut-être trop calme. Et ce qui devait arriver arrive, une bagarre éclate. Je laisse faire, soigne les blessés quand tout est calme. Parmi tous ces cow-boys, je repère un indien, et deux jeunes gens qui semblent être frère et soeur d'après leur ressemblance. Ils n'ont pas l'air tranquille...

Puisque on n'a plus besoin de mes services, je quitte le saloon et déambule en ville. Observant les environs, je crois repérer une forme blanche, sur une colline qui surplombe la cité, mais elle disparaît. Je continue ma promenade tout en restant prudent. De drôles de créatures rôdent dans l'Ouest, et rarement animées d'intentions chrétiennes. Des cris attirent tout à coup mon attention. Je me précipite vers les lieux. Un des deux jeunes que j'avais repéré au saloon est étendu sur le sol, l'indien occupé à le soigner agenouillé près de lui. D'après les bris de verres et la fenêtre brisée de l'hôtel, ce type a été propulsé par la fenêtre. Des cris viennent du bâtiment, les clients fuient, hurlant qu'un démon est dans la ville. Du travail pour moi...

Je rentre, une lanterne à la main, ma bible dans l'autre. Une remise, des bruits suspects... J'entre, mais ma lanterne me fait repérer : la créature est plus rapide que moi, pourtant je me tenais sur mes gardes, et elle me lance une caisse. Je l'évite heureusement, et brandis ma bible dans la direction de la bête. L'effet est immédiat, Dieu ne m'a pas abandonné, bien au contraire, la créature s'enfuit, traversant le mur de l'hôtel. Je sors immédiatement, et tente de la poursuivre. Les deux jeunes gens et l'indien, qui s'appellent respectivement Patty et Chris MacShire et Celui-Qui-Vole-Avec-Les-Aigles sont avec moi. Quelques rues plus loin, nous rattrapons la chose. Le combat est trop inégal, aussi Patty et Chris montrent-ils leur vraie nature : ce sont des Huckster. Le cheval de Celui-Qui-Vole-Avec-Les-Aigles s'enfuit, son propriétaire sur le dos, tandis que nos balles ne font que ricocher sur la bête. Mais usant de ses pouvoirs, le frère et la soeur ajustent leur tir avec une précision redoutable ; tous leurs projectiles atteignent dans la tête de notre adversaire, qui prends la fuite. Nous tentons de le poursuivre, en vain. Celui-Qui-Vole-Avec-Les-Aigles, qui se trouve malencontreusement sur sa route, voit son cheval se faire piétiner et mourir alors que lui-même n'échappe à ce triste sort que de justesse.

La bête, dans sa fuite, a fait de nombreux blessés. Je passe le reste de la nuit et la journée suivante à aider à les soigner. Puis, je demande au pasteur la permission de faire une intervention durant la messe du lendemain. J'utilise le pouvoir que Dieu m'a donné, celui de redonner espoir aux croyants, afin de ne pas laisser les événements terribles qui ont secoué leurs existences prendre le pas sur leur vie. Je sens en quittant la ville qu'ils ont repris courage. Nous nous rendons tous ensemble à Denver, après avoir reçu une invitation d'un notable de cette ville.


Denver et ses environs

Le voyage pour Denver nous a pris une semaine ; l'occasion pour nous de faire connaissance. Celui-Qui-Vole-Avec-Les-Aigles avait beaucoup de peine à trouver le sommeil. Il peut passer plusieurs nuits sans dormir, convaincu que des créatures le poursuivent. J'ai bien essayé de le saouler, que Dieu me pardonne, mais cela n'eût pas l'effet escompté, et Patty dut se résoudre à l'assommer.

Une fois à Denver, après avoir fait un brin de toilette, nous nous sommes rendus chez l'homme qui nous avait fait appeler. Son fils est entré dans une communauté pseudo religieuse, et il veut être sûr qu'il a fait ce choix de son plein gré. Celui-Qui-Vole-Avec-Les-Aigles commence alors un discours des plus insultants, ce qui l'envoie directement en prison, après qu'il ait menacé clairement cet homme.

Après avoir accepté quant à nous ce travail, et tandis que Patty et Chris se dirigent vers le saloon le plus proche en vue d'une partie de poker, je me rends à la prison pour discuter de son attitude avec notre ami indien. Il justifie ses paroles du fait que notre employeur nous a proposé de nous payer pour ce travail, et argue que ce genre d'homme a fait beaucoup de mal à son peuple. Notre discussion dérive sur la vengeance qu'il veut accomplir, aidé des forces occultes qui l'habitent en tant que chaman de son peuple, et sur ses victimes, ceux dont les ancêtres ont massacré ou fait massacré des indiens. Je quitte la pièce après lui avoir annoncé que dans ces conditions, il devait m'inclure à sa vengeance, et le laisse méditer sur ces paroles. J'ai faillit trop lui en dire...

Pendant mon absence, notre ami indien reçoit la visite d'un marshal fédéral du nom de Will Slade, qui le sort de prison en échange de sa coopération dans l'affaire qui nous préoccupe. Je rejoins Patty et Chris pour une partie de poker. Les trente dollars et des bananes que je gagne sont immédiatement donnés à un orphelinat de Denver. Je n'ai que faire d'une telle somme ! J'en profite pour soigner la mère supérieure du couvent. Elle s'est sentie mieux, ce qui signifie que c'était vraiment une maladie grave. Comme elle toussait un peu, j'ai craint de l'avoir contaminée. Mais la maladie ne se déclare pas si rapidement, et je me sentais un peu mieux. Elle va mieux et c'est là l'essentiel.

Nous partons le lendemain, les MacShire, Slade, Celui-Qui-Vole-Avec-Les-Aigles et moi. Notre première journée de voyage se passe sans incidents, si ce n'est que le soir venu, le chaman ne parvient pas à trouver le sommeil et s'agite tellement que les autres vont dormir à l'écart. Je passe une très mauvaise nuit.

Le lendemain, alors que nous allions faire une pause pour le dîner,  nous voyons une carriole approcher. La méfiance est de mise lors de telles rencontres dans l'Ouest, mais il ne s'agit que d'un marchand ambulant et de deux gardes du corps. La renommée de Slade est telle qu'ils se lancent un défi après le repas, et se mettent tous les trois à tirer sur des boites de conserve et des bouteilles vides. Celui-Qui-Vole-Avec-Les-Aigles se transforme en aigle, à notre grande stupéfaction à tous, pour briser une bouteille, puis je pars chasser avec lui, effaré par la vanité de ces hommes qui tiennent absolument à prouver leur adresse. Slade ne fait d'ailleurs pas honneur à sa renommée et tire plutôt mal. Le chaman, toujours métamorphosé en aigle, attrape quelques lapins, puis remarque au loin une ferme attaquée par des brigands. Nous rejoignons nos camarades pour les prévenir du drame qui se joue à quelques miles. Nous faisons brièvement nos adieux au marchand, après que Slade lui ait acheté des pilules bleues contenant un puissant soporifique utilisé habituellement pour les bisons, mais que le marshal veut utiliser pour faire trouver le sommeil à notre ami indien.

Nous galopons jusqu'à la ferme, qui a déjà été prise d'assaut. Nous nous faufilons, rampons, évitons les bâtons de dynamite que l'on nous lance, jusqu'à pénétrer dans la maison. Nous réussissons miraculeusement à nous débarrasser des brigands, et c'est là que tout se corse ; Patty laisse éclater son envie de voir le sang couler et commence à égorger les blessés. Le marshal et moi-même tentons de l'en empêcher, sans succès ; après avoir accepté de livrer les survivants à la justice, elle quitte la pièce et en finit avec les brigands restés à coté.

Nous ne nous retrouvons finalement qu'avec un seul prisonnier, qui profite d'une nouvelle dispute entre Patty et Slade, ainsi que du fait que Celui-Qui-Vole-Avec-Les-Aigles et Chris aient consommé des substances hallucinogènes, pour kidnapper un enfant du fermier que nous avons sauvé et s'enfuir. Slade, exaspéré par l'attitude des deux drogués, leur donne à chacun une pilule bleue, dont l'effet est immédiat : ils s'endorment comme des masses alors que nous partons à la recherche du kidnappeur. Sans succès malheureusement. En utilisant une carte des environs, et grâce à la direction que nous supposons que le criminel a prise, nous trouvons le lieu où le camp des brigands a pu être installé. Et notre instinct ne nous trompe pas, Patty, Slade et moi. Mais de toute évidence, quelqu'un est passé avant nous. Nous décidons d'attendre, car la nuit est tombée, et aucune trace n'est plus visible aux alentours. Et bientôt, quatre hommes arrivent et s'installent autours du feu. Nous les tenons en respect, nous annonçons, mais cela semble les faire rire. Patty tire sur l'un d'eux, qui s'écroule. Les autres ne bronchent pas. Aucun mot ne sortent de leurs lèvres depuis que nous avons révélé notre présence. Et quand nous les reconnaissons, il est déjà trop tard : ce sont les hommes abattus à la ferme ! Des déterrés ! Un bâton de dynamite pour couvrir notre retraite, et nous fuyons au triple galop [...]


Dodge City

Nous sommes finalement arrivé à Dodge. A l'entrée de la ville, les hommes du shérif ont confisqué nos armes. Évidemment, Slade a pu conserver les siennes, après tout il est marshal fédéral. Il s'est immédiatement rendu au bureau du shérif pour saluer son vieil ami Wyatt Earp, mais celui-ci était absent. Il a pu toutefois faire la connaissance de « Bat » Masterson, qui fait office de shérif à Dodge. Ce dernier lui a demandé son aide, car depuis plusieurs jours, six personnes ont disparu.  Slade a demandé les dossier concernant les six affaires et il est en train de les lire en ce moment. Les McShire sont au saloon, certainement en train de plumer un malheureux au poker. Celui-Qui-Vole-Avec-Les-Aigles a réussi à s'endormir. Il avait l'air d'avoir gardé une dent contre Slade, à cause du somnifère. Quant à moi, j'ai décidé de me balader en ville, principalement dans la zone où ont eu lieu les enlèvements.

Tout est calme, silencieux. Mais ce silence est bientôt brisé par un bris de verre. Très léger. Je me dirige aussi discrètement que possible vers l'origine du bruit. Je repère facilement un carreau brisé et une porte ouverte. J'entre dans maison, entends craquer un escalier. Le bruits s'éloigne et semble monter, c'est ce qui me fait penser que l'intrus emprunte un escalier. Mes yeux se sont habitués à l'obscurité et je commence moi aussi à monter. J'entends un dernier bruit, alors que je suis à mi-chemin du premier étage, puis plus rien. Il me vient un doute : et s'il ne s'agissait que d'un ivrogne qui rentre chez lui et ne veut pas réveiller sa famille parce qu'il a perdu ses clés ? Au pire, je me retrouverai derrière les barreaux pour effraction et violation de propriété. Slade me sortira bien de là... Et c'est peut-être notre premier indice sérieux dans cette enquête, à moins que Slade n'ait trouvé quelque chose que « Bat » n'aurait pas su voir. Me voilà au premier. Toutes les portes sont fermées. Le bruit que j'avais dernièrement entendu, je suis incapable de le localiser précisément. J'essaie une porte. Fermée. Je me prépare à l'enfoncer quand un grand bruit de verre brisé me fait faire demi-tour. Je me précipite dans le pièce ; la fenêtre a été brisée, je vois une ombre qui s'enfuit. Je me précipite à sa suite, non sans remarquer une odeur pestilentielle. Je me retrouve dans le jardin, mais la palissade me ralentit. Je vois encore la silhouette aux yeux rougeoyants, je la suis, mais la perds finalement dans une petite ruelle.

Je me précipite au bureau du shérif pour prévenir « Bat », puis pars chercher Celui-Qui-Vole-Avec-Les-Aigles. Il est capable de se transformer en animal, peut-être peut-il devenir un chien. Je rejoins le shérif et ses hommes à la maison que je leur ai indiqué, en compagnie du chaman transformé en chien de chasse. Grâce à son flair, nous suivons la trace du ravisseur jusqu'au cimetière. Troublante coïncidence, le premier disparu est justement le gardien du cimetière. Mais malgré notre fouille du cimetière, nous ne trouvons rien, aussi décidons nous de revenir le lendemain. Peut-être qu'à la lumière du jour, des indices nous apparaîtraient, car notre canin compagnon a perdu la trace du ravisseur. Et nous revoilà devant le cimetière, le lendemain. Quelques traces, des marques de griffures sur le mur du cimetière, la lecture du journal du gardien, tous ces indices ne nous apprennent pas grand chose. Mais notre ami indien au flair acéré trouve la trace qu'il nous manque, elle mène droit à un caveau. Je tente de convaincre « Bat » qu'il nous faut y entrer, mais rien à faire. Même le Saint Père aurait du mal à lui faire comprendre qu'une telle profanation se justifie, alors un révérend!

Mes compagnons n'ont pas ses scrupules, ce qui me fait douter de leur moralité, mais le moment étant mal choisi pour ce genre de disgression, je me tais. J'avoue avoir eu des doutes en tentant de convaincre le shérif, c'est peut-être pour ça que ça a foiré, mais puisque Dieu m'a accordé son aide ensuite, il ne doit m'en avoir tenu rigueur... Quoi qu'il en soit, nous descendons tous sous terre. Et là-dessous, c'est un vrai labyrinthe. Je commence par faire un plan, on découvre de nouveaux passages, qui se rejoignent ensuite, on évite d'entrer dans une pièce à cause d'étranges fissures, ressemblant à des meurtrière, et on finit par arriver à une salle circulaire, d'où partent trois autres couloirs. Flairant le piège, je ne m'attarde pas et change de couloir tandis que mes amis ne sont pas encore entrés dans la salle. Ils ne suivent pas mon exemple, et des blocs de pierre referment les passages. Seul le chaman, qui est resté dans le couloir, et moi-même, ne sommes pas coincés tandis que le plafond se met à descendre. J'en appelle à Dieu pour qu'il rende mon bras aussi fort que celui de l'ange Michael, et essaie de soulever le bloc de pierre qui me sépare de mes frères. Mais sans prise valable, c'est inutile. Slade, en désespoir de cause, fait sauter le bloc avec de la dynamite. Explosion, poussière, ils sortent de ce piège à rats dans un sale état, mais vivants. Notre ami indien, quant à lui, a disparu.

Nous nous perdons quelques temps dans ce dédale, avant de retomber sur cette fameuse salle aux meurtrières, et nous tombons dans une trappe un moment après. Cette fois, c'est le marshal qui évite le piège, mais du coup, il doit affronter seul une goule plutôt résistante, tandis que nous remontons tranquillement du fond de ce trou. D'autres goules arrivent. Je demande à nouveau à Dieu d'armer mon bras de sa puissance, et je transforme une de ces créatures de l'enfer en purée de pois. Puis vint l'affrontement final, contre une bestiole, vague croisement entre un homme et un loup, en plus poilu. Et sept autres goules... J'invoque la protection divine pour éviter d'être toucher ; égoïste ? Tu parles ! T'as jamais croisé une de ces bestioles du weird west, mon fils, sinon tu saurais que j'ai bien fait. Tant que je suis en un seul morceau, je peux soigner mes petits camarades, et eux ils font sa fête au méchant. De plus, comme j'ai essayé de lui balancer quelques pains sauce Michaël, j'étais plutôt près de lui. Enfin, j'ai quand même faillis assommer Slade parce que j'avais trébuché, et avec ma force divine, on peut le dire, il y serait resté le pauvre. Heureusement, parfois, on peut infléchir le cours du destin. Bref, après avoir fait le ménage, et c'est rien de le dire, on avait des morceau de ces saletés collés partout, on a libéré les otages, tous les disparus. Ils avaient presque autant peur de nous que de leurs ravisseurs... Normal, avec deux Hucksters, ils avaient eu leur dose. Car quand Patty et Chris se mettent à frapper une créature de l'enfer, ils y vont avec tous leurs pouvoirs. Et ça fait mal!


Présentation Résumé
Rappel des règles
Le révérend Randall Stale