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La résumade
J'étais plutôt limité coté infos... "Retrouve un livre ancien, qui a peut-être plusieurs dénominations, écrit par St-Barthélémy". Je ne voyais pas en quoi le fait de me faire chercher un bouquin pouvait constituer une épreuve pour prouver ma valeur et mon affranchissement. Mais bon, autant régler l'affaire le plus rapidement possible et goûter à ma liberté toute neuve... Je fais donc travailler mes connaissances, mon petit réseau d'informateurs, que j'ai patiemment tissé dans mon quartier et même plus loin, et un de mes contacts m'apprend qu'une librairie de quartier va bientôt être rénovée. Rénovation, voilà le mot clé. Rénovation, ça veut dire chantier, donc des facilités pour une visite nocturne. Je me pointe donc à la librairie, histoire de faire une petite reconnaissance... Et là, une jolie pancarte m'informe qu'avant le début des travaux va avoir lieu une vente soldée, et que la boutique sera ouverte jusqu'à 23h00 pour l'occasion... J'aurais mieux fait d'approfondir mes recherches avant de me pointer là ce fameux vendredi... Une fois à la librairie, je me renseigne au sujet du bouquin, et là on m'apprend que c'est un livre un peu spécial et que je dois en parler avec la propriétaire, duchesse de quelque chose... Pourquoi pas... Très sollicitée, la proprio, au fait... Je dois faire la queue pendant deux bonnes heures... J'suis pas le seul sur la piste du bouquin, comme me l'a annoncé le préposé aux informations... Et les deux intéressés sont de la famille en plus... Moi, j'crois pas aux coïncidences... Un couple, une minette plutôt bonne et son mec, un sacré abruti celui-là... Enfin bon, c'que j'en dis, moi... J' cause pas longtemps avec même si l'attente dure, il a trop peu de conversation ... Dans le genre BCBG... Lalix et Philippe, qu'ils s'appellent... Et enfin, une autre meuf se pointe dans la salle d'attente, au sous-sol de la bouquinerie, elle aussi de la famille. On fait connaissance, elle s'appelle Soledad. Joli p'tit cul... Quand la baronne se décide finalement à nous recevoir, on se retrouve tous les quatre dans une petite pièce. Un bureau, la comtesse derrière avec deux gorilles et quatre autres types à l'air louche sur un canapé... J'dois être distrait, parce que j'suis même pas fichu de remarquer qu'ils sont tous armés. Soledad, comme une grande leur demande ce que ça signifie. Et là, ni une ni deux, ils sortent leur artillerie. La seule chose que j'vois, c'est Soledad soulever un des quatre mec et le déchirer en deux... Encore une qui maîtrise pas sa force... Evidemment, j'avais mangé avant de venir, mais rien de tel que la vision d'un type qui pisse le sang par ses deux morceau pour rouvrir l'appétit. Je m'en passerais bien, mais sur ce coup, la Bête est la plus forte, alors je la laisse prendre son pied, et le mien, en attendant qu'elle se calme... Philippe aussi craque, il me semble le voir se jeter sur sa copine Lalix pour voir si son sang a bon goût. J'ai au moins le réflexe (ou la chance parce que le type est le plus près) de me jeter sur un des gorilles. Quand j'reprends mes esprit, y'a l'autre gorille qui me vise. Son pote s'écroule à mes pieds quand j'le lache, mais il respire encore. Un petit mirage pour lui cacher la vue, mais trop tard, il avait déjà visé, j'me prends un coup. Bizarre, ça fait pas mal. Je me suis déjà pris des bastos, c'est pas normal, alors je jette un oeil sur ma blessure: une seringue. J'l'arrache, celle là et les autres que la frénésie m'a empêché de sentir, mais c'est un peu tard, la tête commence à me tourner. Philippe est devant moi, caché sous le bureau, avec la comtesse en otage. Son flingue à lui est un vrai, et il menace de la tuer. Pas très crédible, il baille déjà. Il se lève même avec la meuf comme bouclier pour filer, mais c'est elle qui prends les seringues... Gare à l'overdose! Puis, Philippe s'écroule. Pas de trace de nos 'soeurs'... J'rejoins Philippe derrière le bureau, et j'attends que le narcotique fasse son effet. De toutes façons, j'ai perdu, autant être beau joueur, et ça peut toujours servir... Je me réveille dans une cellule, sur une sorte de lit. Pas de porte, mais une solide grille. Il y a d'autres cellules comme la mienne, où sont enfermées mes nouveaux copains. Je ne bouge pas, contrairement à Philippe qui a envie de faire le malin. Il se fait emmener, et j'entend qu'on lui tape dessus. Lui, il gueule, et l'autre lui demande ce qu'il sait au sujet de la chasse des rois... Evidemment, le Philippe crache pas le morceau, soit il sait rien, soit il veut pas. Et là, les barreaux de ma prison se tordent soudainement. J'ai à peine le temps de voir passer Soledad. Rapide la bougresse, et balèze aussi. Cette fois, sa force et sa rapidité sont utiles. J'en profite pour sortir de la pièce et projeter un petit mirage pour faire croire aux copains du tortionnaire, qui peuvent observer nos cellules a travers une autre grille, que tout est calme. Seulement, comme ils ont entendu le bruit des barreaux, ils se doutent de quelque chose. Quand Soledad et Lalix, qui ont été un peu tabassées aussi, surgissent à travers ma chimère pour sauter à la gorge de nos geôliers, ceux-ci n'ont pas le temps de dire "ouf". J'évite de me salir les mains, mais pas de me refaire une santé. Je suis dans un sal état, et je ne suis pas le seul. Une fois Philippe libéré, on quitte les lieux dans la voiture d'un des types, après avoir éliminés encore deux autres gardes qui attendaient dans la cave d'à coté. Faut préciser que nos cellules étaient dans une sorte d'abri antiatomique, avec porte étanche, donc coté sonore, on s'en est donné à coeur joie sans que les deux feignasses qui montaient la garde entendent quoi que ce soit. Par contre, quand on s'est débarrasser d'eux (enfin, moi, j'ai buté personne. J'avais pas de flingue, juste la batte de baseball qui avait servi pour tabasser les trois autres, de toutes façons. Et puis, vaux mieux éviter de se salir les mains quand c'est pas obligatoire, non?). Donc, on se casse en voiture, avec le survivant attaché et bâillonné dans le coffre. On croise des poulets, faut croire que les coups de feu de l'autre coté de la porte blindée, ça s'est entendu. Et là, Philippe nous propose d'aller interroger le prisonnier dans son refuge. Pourquoi pas? On arrive donc dans un grand manoir en dehors de la ville. Mais là, on se rend vite compte qu'en fait de refuge, c'est pas le sien, mais celui de son Sire. Quand je disais que c'était un abruti... Le Sire en question étant absent, on décide d'aller interroger le prisonnier ailleurs, genre à l'extérieur. Mais entre Philippe qui veux rester chez lui et Soledad qui préfère mettre les voiles avec la voiture dans la seconde, on discute bien pendant une heure. Et le sire se pointe, tandis que Soledad qui n'a pas pu avoir la voiture (qu'un serviteur a emmené au garage) attend à l'extérieur de la propriété. Philippe se fait un peu taper sur les doigts, pour autant que je sache. J'entends pas bien, avec la porte fermée... Bref, on finit par aller chercher Soledad dehors, et on interroge Igor, notre prisonnier. Il est plutôt paniqué, le bonhomme. Normal, il a vu ses potes se faire buter, et on menace quand même de le torturer un peu... Igor vide donc son sac, qui est plutôt maigre. Il a été engagé avec ses défunts amis dans un bar, par un type louche, et avait pour mission de nous faire parler... L'exemple même du pauvre type qui ne sait rien... Enfin si, il sait quand même un truc, il doit revoir le type pour lui livrer ses infos quatre jours plus tard. En plein jour. Bon, comme il se fait tard, l'amie Soledad et moi, on part avec la caisse. J'en profite pour faire plus ample connaissance. Et une fois de retour à Londres, on découve que ce brave Philippe a donné l'ordre à une de ses goules de se planquer dans le coffre... Soit il est encore plus con que ce que j'le pensais, soit il nous prépare un mauvais coup... J'sais pas encore si je vais aller à son rendez-vous, le lendemain soir, pour qu'on décide ce qu'on va faire. Cette histoire commence à puer... Et cette poufiasse de Soledad, en déchirrant littéralement un mec devant témoins, a clairement violé la Mascarade. Non que j'en aie quelque chose à foutre, mais ça risque de déranger certains... Si au moins on avait finit le travail... Ca m'enchante pas vraiment de bosser avec de telles taches... Mais comme ils cherchent le même bouquin... A ce propos, on avait tous des informations différentes, et donc complémentaires: Lalix cherchait un bouquin qui s'appelait X, Philippe connaissait l'auteur, St-Bart, Soledad savait que l'auteur était évêque, et moi que le livre de St-Barthélémy avait plusieurs dénominations... Ca faisait des nouvelles infos à faire circuler parmi mes informateurs... |
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